Cameroun : Paul Biya et le changement au Cameroun

Lu sur cameroon-info.net, le 03 décembre 2009  un aricle d’Adrien Macaire LEMDJA.

Lien: http://cameroon-info.net/stories/0,25784,@,pourquoi-le-changement-au-cameroun-depend-il-du-camerounais.html

Cet article titré « Cameroun : Pourquoi le changement au Cameroun dépend t-il des Camerounais ? » appelle quelques remarques. Je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt. Si certaines des remarques sont très pertinentes, d’autres surprennent par leur légèreté, car elles ne sont nullement étayées par des faits et semblent être plutôt des affirmations gratuites.
1- Le désir du changement chez les Camerounais : Ils souhaitent probablement que les choses changent, s’améliorent dans leur pays. Mais sur la base de quoi l’auteur affirme-t-il que  la majorité d’entre eux souhaitent un changement à la tête du pays? A-t-il sous la main une étude, un sondage qui a été effectué? Pourquoi ne le cite-t-il-pas? Cela apporterait plus de rigueur à l’analyse.

2- « Le Camerounais, au fil des ans, a perdu espoir en lui-même, ne croit plus à son propre avenir ni à celui de son pays.» C’est là un portrait impitoyable de tout un peuple. Sur quoi se base cette affirmation? Sur des observations personnelles l’auteur? Quelles sont ses sources? D’ailleurs, cette affirmation est en contradiction avec la première: comment le Camerounais, qui ne croit plus à son propre avenir ni à celui de son pays, peut-il souhaiter le changement?

3- Le tribalisme : M. Lemdja dit lui-même que notre pays a connu de grands brassages de populations. Ce brassage, sans éliminer le tribalisme, a permis tout de même de l’atténuer. C’est là un pas en avant qui mérite d’être souligné et encouragé. Comment peut-on ignorer ces progrès que l’auteur lui-même reconnait pourtant et choisir plutôt de traiter le Camerounais «d’ animal dressé qui réagit au stimulus ethnique »?

4)  La corruption : « Simple tumeur bénigne, il y a encore quelques années…. », écrit l’auteur. Faux! Ce fléau a toujours été là, dévastateur, hier comme aujourd’hui. Devant la persistance de ce mal qui ronge notre pays, il fallait faire quelque chose. D’où l’opération Épervier. Elle n’est peut-être pas parfaite, mais elle a le mérite d’exister. Si elle arrive à faire peur aux Camerounais, ce sera le début de la sagesse. Selon certains témoignages d’ailleurs, depuis le début de l’opération Épervier, rares sont les Camerounais qui continuent à afficher de manière ostentatoire un train de vie sans grand rapport avec leurs revenus réels.

5- Le militantisme : M. Lemdja critique le fait  que certaines personnes qui «ont, certes un parcours académique, professionnel étoffés (sic)» soient  propulsés à la tête des départements ministériels « sans aucune qualité militante». Je ne comprends pas l’auteur. Il préfère, à la tête des ministères, des militants, sans aucun parcours académique ni professionnel? Pense-t-il vraiment que cela réglerait les erreurs de casting, pour reprendre son expression? Je suis d’accord avec l’auteur qu’un médecin n’est pas nécessairement la personne idoine pour gérer un ministère de la santé. Pas plus qu’un magistrat n’est la meilleure personne pour gérer le ministère de la justice. Mais je crois qu’ils sont le moindre mal. Je ne suis pas certain que les militants auxquels vous pensez puissent être de meilleurs gestionnaires des affaires de notre pays.

6- Projet et programme politique : L’auteur de l’article aborde là le vrai problème, celui des programmes politiques des partis. Il ne s’agit pas seulement de dire : « Paul Biya doit partir!» On est d’accord que ce n’est pas un programme politique, ça. Les Camerounais doivent pouvoir juger les prochains candidats à partir de leur programme politique afin de faire un choix éclairé. Et c’est sur ces programmes politiques que doit porter le débat. Changer pour changer n’est pas non plus un programme politique. Si l’opposition espère arriver au pouvoir demain, il faut qu’elle fasse la preuve qu’elle sera capable de gouverner autrement et mieux.

Une réflexion au sujet de « Cameroun : Paul Biya et le changement au Cameroun »

  1. Je pense pour ma part que le peuple camerounais qui est souverain gère véritablement son destin. Donc la question de changement posée ici par rapport au peuple souverain trouve logiquement une réponse évidente qui voudrait justement que les camerounais soient ceux là même qui décident d’une éventuelle alternance.

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