Émeutes sociales du février 2008 au Cameroun : colère populaire dirigée contre la hausse des prix

Il y a deux ans, le Cameroun a connu une semaine très agitée avec les émeutes sociales qui ont embrasé le pays du 23 au 29 février 2008. La hausse du prix du carburant principalement due à l’explosion du prix du pétrole, et des produits de première nécessité sur les marchés internationaux était à l’origine de ces violences urbaines. Il est à noter que le Cameroun n’était pas le seul pays à avoir été touché par le phénomène connu depuis sous le nom de « manifestations contre la vie chère ». En effet, durant l’année 2008, la hausse des prix était La Question qui préoccupait le monde entier, tant les manifestations devenaient de plus en plus vives dans de nombreux pays, notamment ceux d’Afrique, où plusieurs émeutes ont éclaté.C’est dans ce contexte de crise générale, qu’ont eu lieu les émeutes camerounaises qui ont commencé à Douala, capitale économique du Cameroun, avec la grève des chauffeurs de taxi qui protestaient contre l’augmentation du prix du carburant. Ces violences se sont ensuite propagées dans 38 villes du pays dont Yaoundé, provoquant ainsi une confrontation avec les forces de police épaulées par les militaires où il a lancé un appel au calme.

Il y a eu plusieurs voitures brulées, des commerces et des stations-services pris d’assaut, ont été pillés et plusieurs bâtiments administratifs de Douala, dont la mairie, ont été saccagés. Les émeutiers s’en sont pris également à des entreprises internationales accusées de piller le pays. Le conflit a pris fin au bout d’une semaine, à la suite d’un discours du président Paul Biya sur les chaînes de télévision et de radio nationales.

Selon le bilan officiel du ministre camerounais de la Communication de l’époque, Jean-Pierre Biyiti Bi Essam, ces violences ont fait 24 morts dont un policier, plus de 100 d’après La Maison des Droits de l’Homme, une organisation non gouvernementale proche de l’opposition, tandis que le Social Democratic Front, parti de l’opposition, a estimé le nombre de pertes humaines à plus de 200.

Réactions rapides de Paul Biya

Au lendemain de ces émeutes qui ont d’après les estimations du ministre de la Justice, Amadou Ali, couté près de 50 millions de francs CFA à l’Etat, soit près de 76 millions d’euros, la justice camerounaise a décidé d’agir rapidement en sanctionnant toute personne liée de près ou de loin à ces événements. Ainsi, plus de 700 personnes arrêtées ont été condamnées à des amendes et/ou à des peines de prison allant de trois mois à six ans selon un décompte du ministère de la Justice. Par ailleurs, sur approximativement 1600 personnes arrêtées pour « casse » ou « vols », 729 personnes ont été condamnées, dont 466 ont fait appel et 251 autres ont été relaxées après jugement. Enfin, 534 ont bénéficié d’un non-lieu et n’ont pas été renvoyées devant la justice car elles sont mineures ou pour insuffisance de preuves. Monsieur Amadou Ali a assuré à la presse camerounaise à l’époque que contrairement à ce que certain ont sous-entendu, les droits de la défense ont pleinement été respectés.

En outre, après avoir décidé de faire des concessions sur les revendications de la population, notamment des chauffeurs de taxi directement touchés par la hausse du prix de carburant, le président Paul Biya a continué son action avec d’autres mesures en faveur du pouvoir d’achat, telles que la baisse des prix des denrées alimentaires de première nécessité. Le gouvernement a ainsi signé dans les mois qui ont suivi plusieurs protocoles d’accord avec des partenaires du secteur économique et de la société civile pour arrêter ou du moins ralentir la flambée des prix. Dès le début du mois de mars, il annonçait par exemple une hausse de 15% du traitement des fonctionnaires ainsi qu’une suspension des droits de douanes sur un certain nombre de produits de première nécessité comme le riz, le poisson et autres, qui ont pu ainsi bénéficier d’une baisse des prix allant de 5 à 25% selon le produit. Le gouvernement a également nommé des contrôleurs de prix chargés de sanctionner les fraudeurs et surtout de sceller les boutiques dans lesquelles les nouveaux prix n’étaient pas appliqués.

Toutes ces mesures ont par conséquent démontré la volonté du gouvernement de Paul Biya d’améliorer les conditions de vie des Camerounais. En mettant fin rapidement à ce conflit social par des négociations, Paul Biya a ainsi coupé l’herbe sous les pieds de ses adversaires qui ont tenté de récupérer ce mouvement en le transformant en conflit politique, prenant ainsi en otage la population camerounaise.

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