Cameroun : pour une gouvernance au service du citoyen. Réponse au texte d’Eugène Nyambal

La critique de Monsieur Nyambal me semble véritablement exagérée et aveugle. À l’entendre, tout va mal, rien ne marche au Cameroun. On comprend qu’il a le droit comme tout un chacun d’apporter sa contribution au débat mais qu’il reste au moins objectif.Comment peut-il affirmer que les Camerounais ont un accès limité à l’éducation alors même que les chiffres du Rapport mondial sur le développement humain démontre le contraire, à savoir que le Cameroun est un des seuls pays d’Afrique à avoir un taux d’alphabétisation (près de 68%) et de scolarité (52%) des adultes le plus élevé. De même concernant le logement, il parle d’un « habitat précaire » alors que la construction des logements sociaux a déjà commencé un peu partout dans le pays, notamment à Yaoundé où a été posée la première pierre du chantier de construction de 1200 logements sociaux partagés entre la capitale politique et la métropole économique de Douala. Ce chantier a été confié à La Société Immobilière du Cameroun qui a douze mois pour le finir.

Comme d’habitude, après avoir fait un état des lieux apocalyptique du Cameroun, Monsieur Nyambal nous fait part de ses suggestions de réformes. Et comme d’habitude, il fait du copié/collé de ce qui existe déjà ou est en cours. Sans vraiment rentrer dans les détails, on s’aperçoit en lisant son texte qu’il joue avec les mots pour ne pas reconnaître que ce qu’il propose est déjà en place. Il parle alors d’accélérer les choses mais oublie de préciser comment. Prenons l’exemple de « la mise en place d’un sénat » ou « le mécanisme de pouvoir » qu’il souhaite « renforcer » ou « la séparation des pouvoirs » qu’il veut « véritable » ou encore « la Chambre des Comptes de la Cour Suprême » qu’il va « remplacer par une Cour de Comptes ».
Pour commencer, il est prévu que le Cameroun complète son dispositif constitutionnel avec l’avènement attendu du Sénat et de la Cour constitutionnelle. Ensuite, en quoi changer le nom de « la Chambre des Comptes de la Cour Suprême » en « Cour de Comptes » va changer les choses? Il ne propose véritablement rien de nouveau, il ne fait que rappeler des évidences. Cette habitude commence à être sa marque de commerce.
Concernant la séparation des pouvoirs, on sait que la justice camerounaise est aujourd’hui érigée au rang de pouvoir au même titre que l’exécutif et le législatif. Par exemple, au niveau de l’exécutif, il y a eu un renforcement des pouvoirs du premier ministre devenu chef du gouvernement. Et pour ce qui est du législatif, oublié le temps où l’Assemblée nationale n’était qu’une simple chambre d’enregistrement. Elle joue véritablement aujourd’hui son rôle en matière de vote des lois et de contrôle du gouvernement.
En bref, ce monsieur Nyambal veut donner l’impression qu’il apporte des solutions nouvelles mais en réalité, il ne fait que réinventer la roue.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

huit + 1 =