Chômage des jeunes au Cameroun : une nouvelle stratégie de l’accès à l’emploi

Comme beaucoup d’autres pays africains actuellement, le Cameroun doit faire face au problème du chômage des jeunes. En effet, beaucoup de jeunes Camerounais, pourtant titulaires de diplôme d’enseignement supérieur, sont aujourd’hui sans emploi. Sans qualification professionnelle concrète, l’insertion sur le marché du travail se fait difficilement. En 2008, le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle estimait leur nombre à 140 000 et donnait une prévision avoisinant les 300 000 en 2010.Avec leurs diplômes universitaires en sociologie, histoire, philosophie et autres, ces jeunes sont à la traîne comparés aux ouvriers qualifiés nationaux ou étrangers qui, grâce à leur formation professionnelle, ont plus à offrir aux entreprises privées, publiques ou parapubliques. En 2003 par exemple, les entreprises chargées de la réalisation du gigantesque projet Pipeline Tchad-Cameroun, incapables de trouver des techniciens soudeurs parmi les Camerounais, ont été obligées de faire appel aux soudeurs colombiens. Les Camerounais sont ainsi passés à côté des emplois bien rémunérés. Il s’agit là d’un exemple très révélateur d’une réalité bien connue dans le pays, à savoir la rareté de main d’œuvre qualifiée. En cause, le système qui a longtemps valorisé l’enseignement général. Les moins bons étaient presque systématiquement orientés vers l’enseignement professionnel. D’où le nombre de plus en plus croissant de bacheliers qui préfèrent s’inscrire dans les universités plutôt que dans des écoles techniques professionnelles, ce qui crée une inadéquation entre leur formation et les besoins réels du marché du travail et pousse les entreprises à importer leur main d’œuvre de l’étranger.

Cette situation représente une véritable menace pour la société camerounaise tout entière, au moment même où le gouvernement parle de grands projets de construction des infrastructures dont certains ont commencé en 2009. Les secteurs d’exploitation du pétrole, des mines, de l’hydro-électricité, du bâtiment et des travaux publics (BTP), de l’agriculture et de l’agro-alimentaire représentent les secteurs le plus en demande de cette main d’œuvre de techniciens qualifiés.

Selon une étude de 2007 de l’Institut national de la statistique, 30% des Camerounais au chômage ont moins de 30 ans dont 22% d’entre eux résident à Yaoundé et à Douala, les deux principales villes du pays qui couvrent à elles seules près de 30% de la population. Et parmi ces jeunes chômeurs, 36% sont titulaires de diplômes universitaires. Après une longue période au chômage, beaucoup de ces jeunes adoptent une attitude de survie en se lançant dans l’auto-emploi dans le secteur informel où la productivité et la rémunération sont faibles. Tandis que d’autres décident de suivre une autre formation plus professionnelle comme la plomberie, l’informatique, la couture, etc.

Pour faire face à cette situation de plus en plus préoccupante, le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle a réfléchi à une nouvelle stratégie de l’accès à l’emploi en signant notamment des conventions avec trois organisations patronales, le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam), la Chambre de commerce, de l’industrie des mines et de l’artisanat (Ccima) et le Syndicat patronal des industries de l’hôtellerie et du tourisme (Spiht). Il a également décidé, par le biais des bourses de formations, de mettre l’accent sur les secteurs pourvoyeurs d’emplois. Ainsi, des jeunes issus de l’enseignement primaire, du secondaire et de l’enseignement supérieur et les travailleurs en cours d’emploi pourront recevoir grâce à ces nouvelles formations, des compétences centrées sur un métier précis dans le but d’accroître la productivité de la main d’œuvre nationale, lutter contre le chômage et le sous-emploi des jeunes. Le gouvernement espère d’ici 2015 accueillir dans ces programmes au moins 150 000 jeunes.

À l’heure où les entreprises cherchent de plus en plus à recruter des personnes avec des compétences précises, les pouvoirs publics camerounais tentent donc de faire face au problème en préconisant des formations favorisant la professionnalisation des enseignements dans les universités et les écoles ou en organisant des événements comme la Semaine de l’emploi jeune du Fonds national de l’emploi (FNE) à Yaoundé, qui en était à sa quatrième édition cette année (du 8 au 10 février 2010).

Une réflexion au sujet de « Chômage des jeunes au Cameroun : une nouvelle stratégie de l’accès à l’emploi »

  1. les étudiants ont vraiment quel avenir ici au pays quand nous savons que se sont les même qui tiennent les reines?en tout cas on est au Cameroun.

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