« Africa 21 » : une initiative porteuse d’espoirs

Le Président camerounais Paul Biya a profité de l’occasion des festivités de l’année du Cinquantenaire de l’accession de son pays à l’indépendance et de réunification pour organiser la Conférence internationale de Yaoundé sur le thème « l’Afrique, une chance pour le monde. Réalités et défis ». Baptisé « Africa 21 », l’événement d’envergure mondiale qui s’est tenu le 18 et 19 mai 2010 dans la capitale camerounaise et inédit sur le continent, se démarque clairement des sempiternelles conférences, et autres colloques sur l’Afrique. On l’a constaté dès le début avec le discours d’ouverture du Président Biya dans lequel il a longuement insisté, devant une pléiade d’invités de marque, sur le passé : « Qu’avons-nous fait de notre indépendance? » mais également sur l’avenir en énumérant les « nouveaux défis » qui attendent l’Afrique. Il est ainsi revenu sur le long chemin parcouru depuis les indépendances en pointant le doigt sur « la mauvaise gestion des finances publiques, l’insécurité judiciaire, les lenteurs administratives, la fraude douanière, la corruption », obstacles au développement de l’Afrique qui « doivent être systématiquement combattus ».

Reconnaissant ainsi en toute humilité les tâtonnements et les « erreurs commises », le chef de l’État camerounais a tout de même rappelé que les pays nouvellement indépendants ont fait « ce que de veilles nations ont mis des siècles à accomplir». Il a fallu en effet construire des États avec des « cadres peu et inexpérimentés », « constituer une armée » et « une diplomatie pour faire nos premières armes sur la scène internationale », apprendre à sortir de l’économie de substance et de l’informel et se familiariser avec «les cultures d’exportation, le commerce et la petite entreprise », étendre le système d’éducation et mettre sur pied un système de santé. Mais, il a surtout fallu faire avec la conjoncture internationale difficile : crise économique, dégradation des termes de l’échange, concurrence déloyale des subventions, décroissance de l’aide publique, etc.

Et malgré tous ces obstacles, « l’Afrique est déterminée à avancer », a souligné l’hôte et l’initiateur de la Conférence qui a réuni de nombreuses personnalités de renom telles que le président burkinabè Blaise Compaoré, ivoirien Laurent Gbagbo, nigérian Jonathan Goodluck, tchadien Idriss Deby Itno, congolais Denis Sassou Nguesso et Joseph Kabila (République démocratique du Congo), gabonais Ali Bongo, les anciens secrétaires généraux des Nations Unies, Boutros Boutros Ghali et Kofi Annan, le président de l’Union Africaine, le Gabonais Jean Ping, l’ancien Premier ministre français, Michel Rocard, le directeur général de la Fao, le Sénégalais Jacques Diouf et le prix Nobel de la paix et ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Égyptien Mohamed El Baradei.

Ainsi, selon Paul Biya « après avoir été longtemps décrite comme le continent de la pauvreté et de l’immobilisme », l’Afrique se tourne aujourd’hui vers l’avenir car elle se voit reconnaître certains atouts indéniables comme sa richesse en ressources minières, en capacités énergétiques, en potentialités agricoles, etc. L’Afrique est effectivement devenue durant ces dernières décennies l’un des territoires le plus convoité du monde. Les nouvelles puissances, notamment les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) y investissent en masse, poussant ainsi les anciens pays colonisateurs qui y avaient gardé depuis les indépendances, le monopole économique et financier à repenser leur partenariat face à cette nouvelle compétition. Le président camerounais a donc invité les participants de la Conférence « Africa 21 » à s’interroger sur la manière dont le continent pourrait tirer parti de ses atouts au vue de la mutation qu’il subit actuellement et sur sa place sur la scène internationale compte tenu de cette mutation.

3 réflexions au sujet de « « Africa 21 » : une initiative porteuse d’espoirs »

  1. Africa 21 a été la cerise sur le gâteau en marge des festivités du cinquantenaire, un parterre riche en personnalité politique, et une photographie des 50 ans des indépendances non seulement du Cameroun, mais aussi de l’Afrique.
    Africa 21 a été une initiative porteuse d’espoir et a permis non seulement de faire le bilan, mais aussi a permis et permet à l’Afrique toute entière de ses projeter vers l’avenir. En énumérant les nouveaux défis qui attendent l’Afrique, le président Biya a souhaité que l’Afrique se déploie sur la scène internationale.

  2. Africa 21 marque le come back de Paul Biya sur la scène internationale, et certainement son adoubement comme leader légitime de cette new deal de partenariat entre l’Afrique et le reste du monde.

  3. Nous pensons que c’est dans les sommets de cogitation de la trempe d’Africa 21 que l’on peut véritablement parler de notre continent.

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