Diaspora camerounaise : la course au leadership

Depuis quelque temps, la diaspora camerounaise en Occident a vu émerger un certain nombre de personnages qui prétendent parler en son nom à travers différentes opérations et actions aussi loufoques les unes que les autres, qui ne reposent sur rien de concret. Ces supposés leaders des Camerounais de l’extérieur se servent du média de masse qu’est Internet pour mener des campagnes de publicité afin de tirer la couverture sur eux en prétendant chacun, être « l’homme de la situation » pour changer les choses au Cameroun. Ces hommes s’appellent Brice Nitcheu, Eugène Nyambal, Célestin Bedzigui, etc.

Brice Nitcheu, à la tête du Code (Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques des Camerounais de la diaspora) depuis le mois de mai 2007, ne cesse de faire parler de lui et de son petit groupe d’une trentaine d’activistes (il a été réélu en décembre 2009 avec un scrutin réunissant 25 votants). Connu pour sa politique d’amalgame et de propagande distillée ici et là sur différents sites et forums internet, il prétend mener des actions de portée internationale censée chasser le président Paul Biya du pouvoir. Ainsi, en février dernier, il a décidé de faire des émeutes sociales de février 2008, un événement commémoratif parlant de massacre de jeunes camerounais orchestré par Paul Biya et multipliant les annonces de type : « Commémoration du 2e anniversaire des émeutes au Cameroun, le CODE annonce des actions fortes en février prochain ». Beaucoup s’attendait à un grand mouvement rassemblant les nombreux Camerounais de la diaspora se trouvant en Europe et formant un grand bloc. Et qu’a-t-on eu à la place? Une dizaine de personnes manifestant devant l’ambassade du Cameroun en Belgique face à des policiers belges qui semblaient dubitatifs et perplexes. On était donc loin de la grande manifestation annoncée en grande pompe par M. Nitcheu.

Ceci est un exemple parmi tant d’autres de coups d’éclat tout à fait « spectaculaires » et inutiles de la part de ce type d’association. Coups d’éclat juste destinés à leur donner de la visibilité avec de la publicité gratuite. Ces associations veulent se donner une importance qu’elles n’ont pas. Ainsi, Brice Nitcheu se prenant pour un empereur, n’a pas hésité à affirmer dans un article publié en ligne, « Paul Biya doit savoir que le prix à payer est très cher s’il veut venir jouer dans mon arrière cour ». Tel est le genre de personnages qui prétendent représenter la diaspora camerounaise. Des hommes arrogants et imbus d’eux-mêmes, à la limite de la mégalomanie, qui affirment faire partie de la « nouvelle génération de leaders » alors qu’il a été démontré que leur principale préoccupation est de se faire une publicité personnelle auprès de la diaspora, en donnant l’impression de prendre des initiatives contre le président Biya. Des initiatives qui ressemblent plus à des farces tellement elles sont pathétiques. Elles se terminent souvent d’ailleurs par des échecs lamentables car boycottés par cette même diaspora camerounaise au nom de laquelle ils prétendent agir.

Ainsi, Célestin Bedzgui a, à l’instar de Brice Nitcheu, annoncé bruyamment avoir déposé le 24 février 2010, au service du courrier du secrétariat général des Nations Unies, une pétition pour « solliciter l’institution d’une commission d’enquête internationale, chargée d’établir les faits et circonstances des massacres des populations civiles survenues du 25 au 28 février 2008 au Cameroun ». Aller déposer une lettre au service du courrier du secrétariat général des Nations Unies est une chose qui est à la portée de tout le monde. N’importe qui peut le faire. De plus, personne n’a la preuve formelle que M. Bedzigui l’ait réellement fait. D’ailleurs, de passage à Yaoundé en juin dernier, le porte-parole du secrétaire général des Nations Unies, M. Martin Nesirky, a affirmé, répondant à une question des journalistes, n’avoir jamais pris connaissance de cette affaire. Pourtant, M. Bedzigui a prétendu avoir recueilli en ligne des centaines de signatures pour sa pétition. Or, l’examen de cette liste montre qu’elle n’est pas crédible. Il s’agit d’un ramassis de noms, certains signataires portant comme nom propre « Camerounais ». Ils cherchent tous avec ces types d’action à se faire un capital politique en se servant de la diaspora camerounaise.

Il est désormais clair qu’au fur et à mesure que l’échéance de la présidentielle de 2011 approche, certains soi-disant opposants politiques vont profiter de ce type de polémiques pour tenter de se positionner. Des hommes comme Eugène Nyambal, qui pour assouvir un sentiment de vengeance après avoir été écarté de sa fonction de cadre au FMI (Fonds monétaire international), fait un état des lieux apocalyptique du Cameroun avant de faire part de ses suggestions dans un programme de réformes pour le pays. Un programme dans lequel il fait du copié/collé de ce qui existe déjà ou est en cours, en jouant avec les mots pour ne pas reconnaître que ce qu’il propose est déjà en place. Par exemple, il parle d’accélérer les choses mais oublie de préciser comment. Il ne propose véritablement rien de nouveau, il ne fait que rappeler des évidences. Cette habitude est devenu sa marque de commerce.

Et que dire de Vincent Fouda qui a déjà lancé sa campagne présidentielle « Cameroun Génération 2011 » à coup de site Internet, textes et photos de propagande où il se met en avant avec une mise en scène bien réfléchie (M. Fouda derrière le drapeau camerounais comme s’il avait déjà sa photo officielle en tant que président du Cameroun)?

Ces hommes doivent comprendre que la diaspora camerounaise n’est pas un instrument dont ils peuvent se servir à leur guise pour satisfaire leurs intérêts personnels. Cette diaspora n’est d’ailleurs pas dupe de toutes leurs manœuvres.

Une réflexion au sujet de « Diaspora camerounaise : la course au leadership »

  1. Cette diaspora dont vous faites allusion dans votre article dont la pertinence de votre analyse édifie, sont en réalité des usurpateurs, qui, pour justifier leur statut de pseudo réfugié politique, utilisent l’agitation politique. Car comment comprendre qu’un candidat à la présidence de la république à l’instar du réfugié Sosthène Fouda prétend menacé d’expulsion suite au rejet de sa demande d’asile, déclare sa vie menacée au Cameroun cas d’expulsion. Comment comptait-il donc battre campagne ? Nitcheu et sa clique n’en parlons plus, tous résident sous le couvert administratif du statut de réfugié politique.

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