La diaspora camerounaise : l’impossible coalition

La diaspora camerounaise comme beaucoup d’autres diasporas africaines en Occident est hétérogène et éclatée, ce qui rend les conditions de son rassemblement presque impossibles à réunir malgré ce que peuvent croire certains. En effet, plusieurs membres de cette diaspora, sous prétexte de la représenter, tentent de se positionner au milieu de toute cette disparité, en espérant s’imposer sur les autres quand viendra le moment du choix d’un leader. Pour l’instant, ce moment est loin d’être venu car leurs intérêts sont très différents et la convergence des points de vue semble inatteignable.

Telle est donc la réalité de ce milieu où des pseudo leaders opportunistes et en mal de publicité personnelle gratuite, se battent quotidiennement pour tenter de tirer la couverture sur eux à la moindre occasion. Ainsi, il y a quelques mois à Washington (États-Unis), un certain Célestin Bedzigui, Camerounais « exilé volontaire », annonçait avoir déposé avec quelques-uns de ses comparses au service du courrier du secrétariat général des Nations Unies, une pétition pour « solliciter l’institution d’une commission d’enquête internationale, chargée d’établir les faits et circonstances des massacres des populations survenues du 25 au 28 février 2008 au Cameroun ». Or, il semblerait qu’il aurait, avec cette prétendue action (on n’a pas la preuve que M. Bedzigui l’ait réellement fait car le porte-parole du secrétaire général des Nations Unies, M. Martin Nesirky, a affirmé lors d’un passage à Yaoundé, répondant à une question des journalistes, n’avoir jamais entendu parler de cette affaire), tenté de doubler son « homologue » Brice Nitcheu de l’association, le CODE installé à Bruxelles (Belgique). En effet, selon une certaine presse en ligne, M. Bedzigui aurait été « mis au parfum des nombreuses réunions secrètes que tenait le CODE » et se serait alors empressé d’aller déposer aux Nations Unies, « une pâle copie de la pétition concoctée par des experts réunis à Bruxelles à la demande du CODE ». Laissant entendre que l’homme à la tête de différents mouvements qu’il rebaptise au gré de ses humeurs et de ses intérêts, aurait voulu ainsi doubler « les agitateurs du CODE » avec comme objectif final « de créer un nouveau front » de cette association aux États-Unis.

Cet exemple est assez révélateur et significatif de l’atmosphère qui règne au sein des différents mouvements de la diaspora camerounaise, notamment entre les leaders censés la représenter. Une atmosphère qui se traduit par les mauvais coups et sombres manœuvres de ces derniers dans le but de rassembler l’ensemble de la diaspora autour d’eux. Cette tentative de grand rassemblement de la diaspora camerounaise n’est pas nouvelle mais elle a toujours échoué principalement à cause de la mégalomanie, de l’orgueil et l’individualisme de ces soi-disant leaders qui n’ont jamais réussi à s’entendre autour d’un consensus car chacun désire briller et défendre ses intérêts personnels. Dès lors, comment espérer unir la diaspora camerounaise autour d’un seul et unique but commun?

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