La diaspora camerounaise : la conquête du pouvoir comme objectif

Issa Tchiroma Bakary, le ministre camerounais de la Communication et porte-parole du gouvernement a accordé récemment une interview à Cameroon-Report.com où il nous en apprend plus sur le dialogue amorcé ces derniers mois, par le gouvernement avec la diaspora camerounaise installée en Occident. Les autorités camerounaises ont en effet, dépêché une mission chargée de sillonner l’Europe et l’Amérique à la rencontre de cette diaspora afin de discuter de l’avenir de la nation. Mais, il semblerait que du côté de la diaspora, certains ne sont aucunement disposés à accepter cette main tendue car cela va à l’encontre de leurs intérêts personnels.

L’on se souvient encore du comportement très irresponsable du CODE en Angleterre lors de la rencontre avec cette délégation gouvernementale où l’association dirigée par Brice Nitcheu a utilisé des méthodes de terroristes. Comme le soulignait ce dernier dans un article publié sur Internet où il se présentait lui-même comme étant « le Chef de la Cellule Opérationnelle du CODE », une dizaine d’hommes et de femmes avaient infiltrés avant la salle qu’ils avaient ensuite « mises sens dessus dessous avec les chaises qui volaient dans tous les sens » alors que « dans un calme extraordinaire, le diplomate avait tout fait pour ramener le calme». Mais « le CODE n’était pas la pour se calmer ». On comprend dès lors qu’aucun dialogue ne peut être possible avec des hommes comme ce Brice Nitcheu, intéressés seulement par le pouvoir ultime et qui n’ont aucune proposition politique à offrir à cette diaspora qu’ils disent représenter.

C’est pourquoi, le ministre Tchiroma appelle la majorité de cette diaspora à cesser « de subir le diktat de la minorité », cette partie infime qui, « en désaccord, désamour, a cessé de manière idéologique et dogmatique d’aimer la nation camerounaise » et qui, « par toutes sortes de moyens tente de ternir l’image de la nation ». Il invite cette majorité qu’il considère « comme étant un corps social d’élite », à rentrer partager leurs idées avec le gouvernement afin « d’améliorer et construire » le pays, car l’on ne peut pas espérer « réussir de l’extérieur ce que l’on ne parvient pas à obtenir de l’intérieur ».

Malheureusement, la réalité avec cette diaspora camerounaise est que ses pseudo leaders sont plus intéressés par le pouvoir que par la construction de la nation en apportant des propositions concrètes pour son développement. Il est pourtant essentiel, s’ils aiment leur pays comme ils le prétendent, de poser des gestes désintéressés et d’arrêter de se cacher derrière leur pseudo statut de réfugié politique, à l’instar de ce Vincent Fouda, candidat à l’élection présidentielle de 2011 au Cameroun et dont la demande du statut de réfugié a été refusé par les autorités canadiennes. En effet, beaucoup de membres de la diaspora camerounaise ont recours à ce type de stratégie pour pouvoir rester en Occident alors même qu’ils ont émigré pour des raisons économiques ou scolaires. Ainsi, cette diaspora compte beaucoup d’anciens étudiants chômeurs ou sans-papiers qui s’autoproclament experts de la diaspora en balançant ici et là des propositions de projets qui pour la plupart ont été exécutés ou sont en cours.

À l’exemple d’Eugène Nyambal, ancien cadre du Fonds monétaire international (FMI) venu proposer son programme de réformes pour le Cameroun après avoir été licencié de son poste de fonctionnaire international. Des hommes comme ce Eugène Nyambal soi-disant expert, font ainsi des diagnostics politiques qui, au final, ont des résonances de programmes électoraux. On a ainsi à faire à des experts déguisés en hommes politiques. Dès lors, pourquoi ne rentrent-ils pas au pays pour tenter de mettre leur « programme » à exécution ou partager leur expertise avec le gouvernement? Pourquoi certains d’entre eux prétendent-ils que leur vie est menacée s’ils rentrent? Beaucoup de Camerounais sur place critiquent au quotidien le gouvernement. Sont-ils tous en prison ou morts? Pourquoi alors se cacher derrière les excuses de vie menacée?

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