« Biya doit partir » n’est pas un programme politique

Près de 200 Camerounais de la diaspora installée aux États-Unis se sont retrouvés le 10 juillet dernier à Washington, sur une initiative du CAMDIAC, nouvelle association mise en place par l’économiste et homme politique, Célestin Bedzigui. Un groupe de « personnalités politiques » camerounaises se sont ainsi réunies autour de cet événement public qu’ils ont baptisé, Convention de la Diaspora Camerounaise, dont l’objectif principal était selon leur programme, de créer un forum de discussion sur la situation politique du Cameroun et le rôle de la diaspora dans les progrès de la démocratie.

Seulement, au terme de cette longue journée d’échanges qui s’est achevée en milieu de soirée, aucun axe concret d’actions en est sorti. Aucune des « personnalités politiques » présentes n’a proposé un programme politique concret, même pas une ébauche de propositions sur leurs projets quant à l’avenir du Cameroun. Elles se sont contentées d’affirmer leur fierté face au réveil de la diaspora camerounaise sur l’avenir de leur pays et de répéter en boucle, « Biya must go !! », tout au long de ce forum dont le mot d’ordre était « Yes we can… bring our country back ». Les auditeurs sont ainsi restés sur leur faim faute de réponses précises à leurs questions.

Si comme ces hommes l’affirment, celui qui est au pouvoir doit partir, il leur revient à eux, leaders de ces nouvelles « formations politiques » d’aller proposer et vendre auprès des Camerounais, de nouveaux projets pour assurer l’alternance au Cameroun car en définitive, c’est le peuple, détenteur de la souveraineté, qui choisit quelle personne mérite de présider aux destinées de la nation. Ainsi, c’est à l’homme politique qui aspire à gouverner, d’éduquer le peuple et l’amener à exercer sa souveraineté par le vote. Mais pour cela, il doit lui proposer un programme politique susceptible de le séduire.

Dans l’absolu, personne n’est contre l’alternance mais l’alternance pour l’alternance n’a véritablement aucun sens. En effet, ces pseudo nouveaux leaders réclament sans arrêt l’alternance présidentielle mais pour cela, il faudrait déjà qu’ils aient un programme nouveau et qu’ils parviennent à convaincre leurs compatriotes de sa pertinence et d’y adhérer parce que « Biya doit partir » n’est pas un programme politique. Ils parlent de renouvellement politique mais ne font aucune proposition concrète. Les Camerounais attendent plus que des slogans mais surtout, ils méritent plus.

3 réflexions au sujet de « « Biya doit partir » n’est pas un programme politique »

  1. Je pense pour ma part que la majorité des candidats de l’alternance pour l’alternance, manque de consistance et de réel programme politique comme vous le soulignez. Il est rare de voir un individu émettre des idées pour le Cameroun futur ou sur son développement. C’est au peuple et rien qu’au peuple de choisir celui qui présidera la République, et non ceux qui scande tout le long de l’année des slogans creux.

  2. Je suis entièrement d’accord. Comme dirait quelqu’un, la critique est facile mais l’art est difficile. Il est facile de trouver des erreurs au plan politique Biya, mais alors qu’est ce qu’on propose à la place, et puis je crois que le véritable problème du Cameroun viendrait du fait que chacun voudrait défendre ses propres intérêts au lieu de celui de la nation, il y’a qu’à voir le nombre de parti politique pour le savoir, environ 200 partis pour 237 ethnies (presque un parti pour une ethnie). Et puis quand bien même il y’a « coalition » on n’est pas d’accord de celui qui est voté à la majorité…. Pour moi, je ne suis pas pressé de l’alternance, en tout cas pas dans ces conditions là…. A la suite de martin Luther, j’ai eu un rêve, un rêve ou on a eu au Cameroun trois partis politiques et deux candidats au élection présidentielle… 🙂

  3. Bien vu ! La critique est facile mais l’art est difficile. Il est facile de trouver des erreurs au plan politique pour Biya, mais alors qu’est ce que les opposants propose à la place ? En dehors, des guerres, bien sûr et une chasse aux sorcières soigneusement organisée. Moi aussi, je ne suis pas pressé de l’alternance au regard de ce que je vois et des défaillances de l’opposition et du langage tribaliste des postulants au trône d’Etoudi…

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