Le forum de CAMDIAC : quelle crédibilité?

Le 10 juillet dernier, la première Convention de Cameroon Diaspora for Change (CAMDIAC), réunissait près de 200 Camerounais de la diaspora vivant dans la région de Washington aux États-Unis. Organisée par CAMDIAC, la nouvelle association de l’économiste et homme politique, Célestin Bedzigui et ses acolytes, Howard Njeck et Marcel Simé, elle avait pour objectif de « créer un forum de discussion sur la situation politique au Cameroun et le rôle de la diaspora dans les progrès de la démocratie ».
Célestin Bedzigui s’est entouré pour l’occasion de personnalités politiques connues de la communauté qui dans leur ensemble n’ont fait que marteler tout au long la journée, « Biya must go !!! » sans véritablement répondre aux questions des Camerounais présents qui les ont interpellés sur leurs programmes pour un « Après Biya » et sur le problème de la fédération de toute la diaspora camerounaise et des Camerounais.

Ces hommes peuvent-ils vraiment prétendre être représentatifs de la diaspora et parler en leur nom et celui de l’ensemble des Camerounais? Comme l’ont sous-entendu les auditeurs de ce forum, c’est mission impossible à cause du nombre élevé et de la disparité de la diaspora camerounaise, ne serait qu’aux États-Unis où ils sont 700 000 selon les chiffres officiels du Ministère camerounais des Relations Extérieures. En fait, il y aurait près de 4 millions de Camerounais vivant et travaillant à l’étranger, dont plus de 2 millions au Nigeria, 500 000 au Gabon, 40 000 en France, etc. Dans ces conditions, on conviendra que 200 Camerounais réunis pour parler de l’avenir du pays représentent une part insignifiante de la diaspora. Cette faible participation s’explique par le fait que cette communauté reste très divisée et que des nombreuses dissensions continuent de subsister en son sein. C’est sans doute pour cette raison que les membres de cette diaspora résidant en Europe, aient brillé par leur absence à ce forum de Washington.

Quoi qu’il en soit, il y a d’un côté dans cette diaspora, ceux qui ne font pas beaucoup de bruit et représentent la majorité silencieuse. Ils ne pensent pas que c’est un crime de travailler avec le pouvoir en place à qui ils font des propositions concrètes, indépendamment de leurs intérêts personnels. De l’autre côté, on trouve un autre groupe minoritaire, aucunement intéressé par le dialogue, qui ne prône que le renversement du régime en place. Et cela, quels que soient les moyens utilisés, à l’instar de ce Mboua Massok, intervenant très apprécié des auditeurs à ce forum de Washington, qui s’est dit en faveur de la lutte armée. La seule chose qui intéresse véritablement ce groupe, c’est la conquête du pouvoir. Ainsi, pour eux, s’il doit y avoir changement au Cameroun, cela ne peut être qu’avec eux au pouvoir. À cause de cette division au sein de cette diaspora camerounaise, les intérêts des uns et des autres seront toujours inconciliables et la fédération impossible. Ceux de la diaspora qui prétendent donc parler pour les autres, ne parlent en fait que pour eux-mêmes.

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