Affaire Bibi Ngota: la vérité sur le complot contre Laurent Esso

Il y a plusieurs semaines de cela, la presse camerounaise se déchaînait à propos de ce qui est devenue « l’affaire Bibi Ngota », du nom du journaliste, mort pendant sa détention. À l’origine de ce feuilleton médiatique, un certain Harrys Robert Mintya Meka, également journaliste qui a fait parvenir courant janvier 2010, au Secrétaire général de la présidence, Laurent Esso, un protocole d’interview concernant une affaire de malversation de fonds dans laquelle il serait impliqué. L’homme affirmait détenir un document compromettant qui établissait son implication dans ladite affaire. Pour cause, le prétendu document frappé d’un cachet Confidentiel « était » une lettre écrite par le Secrétaire général de la présidence à l’Administrateur directeur général de la Société nationale des Hydrocarbures (SNH) dans laquelle il demandait à ce dernier de payer des commissions de plus d’un milliard de franc CFA à trois personnalités pour l’achat du bateau hôtel baptisé « Rio Del Rey ».

Après plusieurs enquêtes des services de renseignement, il s’est avéré que cette affaire n’était rien d’autre qu’une machination visant à déstabiliser Monsieur Esso. En effet, le soit disant document compromettant était un faux fabriqué de toutes pièces. Chose que Harrys Robert Mintya Meka a reconnue dans une lettre d’excuse envoyée à la présidence en avril, suite à son emprisonnement ainsi que celle de ses complices Hervé Nko’o et Bibi Ngota (ce dernier est décédé au cours de son incarcération pour raison médicale).
Ainsi, pendant tout le temps qu’a duré ce feuilleton médiatique, on a voulu nous faire croire que les journalistes ne faisaient que leur métier, en étant à la recherche de la vérité. Or, avec les éléments nouveaux que ce Robert Mintya Meka apporte grâce à sa lettre d’excuse, on se rend bien compte qu’ils sont loin d’être de pauvres gens victimes de la « répression gouvernementale». Au mieux, ils ont été manipulés, mais toujours est-il que ce ne sont sûrement pas de victimes innocentes. Dans cette lettre envoyée à Laurent Esso dont on a pu avoir une copie, le journaliste reconnaît : « maintenant, et au terme de mes enquêtes, je m’en suis rendu compte [Sic] que le document acheté auprès de Hervé Nko’o actuellement en fuite était faux, et que cela était fait dans le but de vous nuir [Sic] … dans ma cellule de prison, j’ai déjà préparé une édition spéciale pour rétablir la vérité ». Puis : « comme chacun de nous devrait pouvoir occuper sa place et reconnaître sa faute, je vous présente mes excuses de la manière la plus sincère devant Dieu et les hommes».

À la lecture de ce courrier, on comprend mieux maintenant pourquoi le protocole d’interview qu’il avait adressé au Secrétaire général de la présidence (dont nous nous sommes également procuré une copie) et pour lequel il prétendait lui permettre de répondre aux accusations le concernant, n’avait rien à voir avec une démarche de validation ou une vérification de faits. En effet, dans ce document, on voit clairement que Monsieur Robert Mintya Meka a laissé tomber son habit de journaliste pour vêtir celui de procureur général de la République venant porter des accusations, notamment lorsqu’il écrit : « Monsieur Laurent Esso, de Chancelier à la Direction du Cabinet Civil, la Justice en passant par la Défense et actuellement le Secrétariat général de la Présidence de la République. Pouvez-vous avoir l’honnêteté intellectuelle de nous faire part du vrai motif de votre rayonnement, n’occupant que des postes juteux : de la Compétence, de votre cursus scolaire ou des sectes?» Toujours dans la même veine, il poursuit l’interview sur un ton très arrogant et injurieux avec des questions telles que : « Vous ne vous en cachez plus, d’autant plus que vous avez entamé la déstabilisation granitique du socle sur lequel le Président Biya a assis son pouvoir, en limogeant ses plus proches et par là même occasion, en tirant les ficelles pour l’emprisonnement de ceux qui ont perdu leur poste. Esprit maléfique : jusqu’où irez-vous?» ou « Pour asseoir vos instincts pouvoiristes, vous ne lésinez sur aucun moyen. En novembre de l’année dernière, un bateau chargé d’armes de guerre avait été déchargé la nuit autour de deux heures du matin, en provenance du Nigeria. Or c’est l’un de vos protégés qui l’a importé. Voulez-vous passer par des armes pour parvenir au pouvoir très rapidement à vos objectifs?»

Certes ce pseudo journaliste avoue et reconnaît ses fautes mais on a aussi la preuve qu’il poursuivait d’autres objectifs au moment où il a envoyé ce protocole d’interview qui n’aborde à aucun moment son prétendu principal objet, la fameuse lettre de Laurent Esso. Petit à petit, au fil des révélations, la vérité commence à triompher dans cette affaire.

Une réflexion au sujet de « Affaire Bibi Ngota: la vérité sur le complot contre Laurent Esso »

  1. Il est hâtif de tirer des conclusions dans une affaire entre les mains de la justice. A mon avis, l’autorité judiciaire n’a pas encore rendu publique ses conclusions, toute supputation me semble hasardeuse…

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