Lutte anti-corruption au Cameroun : Des efforts payants

Le dernier rapport 2010 de Transparency International (TI) sur l’indice de perception de la corruption dans le monde publié récemment classe le Cameroun au 146e rang sur 178 pays. On est bien loin du classement de 1998 où le Cameroun occupait le dernier rang. En l’espace d’une dizaine d’années, la position du pays s’est donc améliorée.

Ces améliorations s’expliquent par la politique du président Paul Biya qui a fait de ce combat, la priorité de la politique nationale. Ainsi, à la fin des années 1990 et milieu des années 2000, le chef de l’État camerounais a décidé de placer cette question de la corruption qui gangrenait l’économie du pays au cœur de son action politique, en lançant notamment l’opération « Épervier » ou « mains propres » en 2006. Cette politique de « tolérance zéro » s’est véritablement concrétisée avec la tenue de nombreux procès retentissant qui ont vu de hauts responsables de l’État interpellés, jugés et condamnés à des lourdes peines de prison. Personne n’a été épargné dès lors que la justice a établi sa culpabilité, y compris les proches collaborateurs du président. Ce dernier a toujours été très clair, personne ne devrait espérer bénéficier de sa protection en aucun cas.

Avant de passer à cette phase répressive, cette opération « mains propres » a d’abord connu une phase informative et préventive avec la campagne de sensibilisation de janvier 2006 pilotée par l’Observatoire national de lutte contre la corruption. Elle avait pour objectif de sensibiliser toutes les couches de la société camerounaise aux ravages provoqués par ce fléau qu’est la corruption. Le gouvernement a ensuite décidé de renforcer le cadre juridique et institutionnel de cette lutte avec deux textes de lois, le décret du 11 mars 2006 et la loi du 25 avril de la même année qui ont permis, entre autres, la création de la Commission Nationale Anti-Corruption (Conac). Cet organisme chargé de recueillir, centraliser et exploiter les dénonciations et informations sur les pratiques, faits ou actes de corruption, est d’ailleurs à l’origine de nombreuses condamnations de personnalités publiques. Des condamnations qui ont contribué à changer incontestablement les mentalités des Camerounais. Il est en effet devenu rare de voir certains afficher comme avant un train de vie ostentatoire sans rapport avec leurs revenus réels, par peur de la justice. Sans oublier que le président Paul Biya a bénéficié dans ce combat, de l’appui et du soutien des pays comme les États-Unis, qui ont promis, entre autres, de localiser et rapatrier les fonds détournés et cachés dans leurs banques et d’extrader les nombreux ressortissants camerounais réfugiés là-bas pour fuir les poursuites judiciaires.

Incontestablement, le combat contre la corruption donne des résultats positifs et palpables. Et ceux des Camerounais qui croyaient que c’était un feu de paille, commencent de plus en plus à déchanter. L’opération « Épervier » est là pour rester.

Une réflexion au sujet de « Lutte anti-corruption au Cameroun : Des efforts payants »

  1. Je suis comme tous les camerounais attristée de cette situation de mon pays le cameroun berceau de nos ancêtres. En effet j’ai plusieurs fois vécu cette situation où c’était à prendre ou à laisser ,on ne sait à quel saint se vouer, mais il ya une autre chose maintenant les passeports se vendent au prix exorbitant de 200000fcfa en plus du prix normal de 55000fcfa.
    Mais tout le monde doit faire cet effort pas seulement la CONAC, car ce sont les petites gens qui en patissent.

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