Le Cameroun, 129e : un rapport « injuste » de RSF

Le dernier rapport 2010 de l’ONG français Reporters Sans Frontières (RSF) sur la liberté de la presse classe le Cameroun du président Paul Biya à la 129e place sur 178 États, lui faisant ainsi perdre 20 places comparativement à l’année précédente. La publication de ce rapport a provoqué une protestation collective au Cameroun, aussi bien de la part des responsables gouvernementaux que des professionnels des médias et auprès de certains membres de la diaspora à l’étranger qui condamnent à l’unanimité ce document jugé injuste et loin de refléter la réalité camerounaise.

Beaucoup pensent que le décès du journaliste Bibi Ngota en avril dernier lors de sa détention préventive à la prison centrale de Yaoundé pour une affaire de faux et usage de faux, (qui n’avait rien à voir avec la liberté de la presse) a sans doute pesé très lourdement dans la décision de RSF. La mort tragique de ce journaliste ne doit pas faire oublier tous les efforts fournis jusqu’à présent par le gouvernement de Paul Biya en matière de liberté de la presse. Ce n’est pas une bonne manière d’encourager des pays comme le Cameroun à poursuivre leurs efforts.

Quoi qu’il en soit, le paysage audiovisuel camerounais a connu une véritable révolution sous Paul Biya ces deux dernières décennies avec la promulgation de deux textes de loi : la Loi du 19 décembre 1990 relative à la communication sociale d’une part et le Décret du 3 avril 2000 fixant les conditions et les modalités de création et d’exploitation des entreprises privées de communication audiovisuelle d’autre part. Il s’en est suivi de grands changements tels que le passage du régime d’autorisation très rigide à celui plus souple et expéditif d’une simple déclaration écrite à faire par les promoteurs de journaux auprès du préfet de département avant la première publication. La Loi de 1990 a également amené la disparition de la censure grâce notamment aux amendements de 1996 et la proclamation de la liberté de communication audiovisuelle qui sonnait ainsi le glas du monopole d’État dans le domaine de la radiodiffusion-télévision du Cameroun.

La conséquence de toutes ces mesures d’allègement a été l’apparition subite de nombreux journaux au Cameroun qui comptait pour la simple année 2008 par exemple, près de 700 titres enregistrés au Ministère de la Communication. Le monde de la presse audiovisuelle a également vu débarquer plusieurs stations de Télévision, dont une dizaine privées, en plus de la chaîne publique nationale, Cameroon Radio Television (CRTV). Quant à la radiodiffusion, elle a vu naître 36 stations communautaires implantées sur l’ensemble du territoire camerounais et une cinquantaine de radios commerciales se disputant le marché de la publicité. Par ailleurs, le président Biya ne s’est pas contenté de libéraliser le paysage médiatique camerounais. En effet, soucieux de son développement et conscient de son rôle de service public, il a institué comme dans beaucoup de pays démocratiques, un fonds de soutien qui apporte une aide financière significative à un certain nombre d’organes de presse camerounais.

De plus, dans un souci d’apaisement, les autorités ont décidé de fermer les yeux sur ces radios et télévisions privées qui évoluent en marge de la réglementation. Devenues des radios ou télévisions « pirates », elles évoluent sans licence par manque de moyens financiers nécessaires pour payer la caution demandée par l’État. Avec la multiplication de tous ces organes de presse aussi bien écrite qu’audiovisuelle et radiophonique, on remarque aujourd’hui au Cameroun une rare liberté de ton et un grand intérêt pour la vie politique de la part de ces différents médias. Nombreux sont ceux qui n’hésitent pas à lancer des attaque directes et acerbes contre la classe politique et à entretenir ainsi le débat sur les principaux problèmes qui interpellent le peuple camerounais.

Face à de tels progrès réalisés dans ce secteur sous le président Biya, on a le droit de s’interroger sur les véritables critères de classement de RSF et on est tenté de conclure comme le ministre camerounais de la Communication Issa Tchiroma, à une « faillite méthodologique » de l’enquête de RSF.

Une réflexion au sujet de « Le Cameroun, 129e : un rapport « injuste » de RSF »

  1. RSF règle ses comptes avec le Cameroun, cette ONG s’est singulièrement discrédibilisée aux yeux des camerounais. 129ème une place avant l’Irak, le pot aux roses est dévoilé, la crédibilité a foutue le camp, cette 129ème place du Cameroun, vient à confirmer les suspicions qui pèsent sur RSF à travers le monde.

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