Appels au soulèvement au Cameroun : la montagne accouche d’une souris

Beaucoup de Camerounais de la diaspora, des pseudo leaders et certains membres de l’opposition et activistes camerounais se sont servi des révolutions en Tunisie et en Égypte pour lancer des appels au soulèvement aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur avec comme mot d’ordre « Biya dégage ». Ils ont ainsi choisi la semaine du 23 février 2011 qu’ils ont appelé « semaine des martyrs », en mémoire aux émeutes de la faim de 2008 au Cameroun (avec deux principales dates, le 23 et le 28) pour manifester contre le pouvoir dans le but de faire partir le président Paul Biya. Pour ce qui est des « leaders » de la diaspora camerounaise en Europe et en Amérique, ils ont tenté de mobiliser leurs concitoyens notamment grâce à internet, afin qu’ils puissent se rassembler durant ces deux jours devant les bâtiments des représentations officielles du Cameroun.

Malheureusement pour eux, cet appel a été très peu suivi. En effet, le jour J, que ce soit dans les capitales européennes, américaines ou camerounaises, ces hommes ont finalement marché seuls. La rue ne les a pas suivis. Selon les médias, on dénombrait très peu de gens lors de ces deux rassemblements. De 10 à 50 personnes maximum, ont répondu présent. Beaucoup de Camerounais de l’intérieur et de l’extérieur sont donc restés chez eux ou ont continué à vaquer à leurs occupations durant ces « deux grands jours ». Et ces hommes qui rêvaient d’un scénario comme en Tunisie et en Égypte sont tombés de très haut face à ce qu’on peut clairement appeler un fiasco. Résultat, à l’heure du bilan, certains d’entre eux ont fait preuve de mauvaise foi pour justifier la faiblesse de leur mobilisation anti-Biya en affirmant : « Les Camerounais sont des peureux. Traumatisés par la peur, ils se terrent chez eux, indifférents à leur propre sort » ou encore : « L’important était quand même de montrer notre détermination et, des populations qui, à un moment ou un autre, [ont] douté de la capacité des leaders [sic] politiques d’affronter les forces de l’ordre, peuvent à nouveau compter sur nous ».

Mais pour réellement comprendre pourquoi ces appels n’ont pas été entendus, il faut rappeler que certains d’entre eux ont été lancés par des associations ou mouvements dont les Camerounais n’ont jamais entendu parler, comme cette pseudo formation politique dénommée Peuple Uni pour la Révolution (PUR), ou qui manquent totalement de crédibilité comme Le Code. Ce mouvement connu dans la diaspora camerounaise européenne pour ses nombreuses manifestations annoncées en grande pompe sur différents sites internet et blogs mais dont le résultat est rarement à la hauteur du bruit fait autour, n’a jamais été pris au sérieux au sein de la communauté à l’étranger. Pourquoi donc les Camerounais restés au pays le ferait-il? Par ailleurs, certains soulèvements ont été initiés par des « leaders » de l’opposition qui agissent pour leurs ambitions personnelles, à l’image de Kah Walla, femme politique camerounaise ancienne membre du Social Democratic Front (SDF) d’où elle a démissionné avant d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle de 2011. Beaucoup juge son appel au soulèvement maladroit. En effet, comment une candidate à la Présidentielle peut demander à la population de descendre dans la rue pour renverser un président démocratiquement élu? Pourquoi n’attend-elle pas les élections pour ce faire?

Par ailleurs, le mot d’ordre de ces différents appels était « Biya dégage ». Or, c’est loin d’être un programme politique. Les électeurs attendent plus que ça. L’un des principaux rôles d’un homme politique est d’aller sur le terrain, rencontrer ces électeurs afin de défendre ses idées et les convaincre de son programme politique.
D’un autre côté, ces hommes et femmes qui ont appelé à la révolte au Cameroun ont cru que le Cameroun, c’était le Maghreb, que les mêmes causes allaient produire les mêmes effets. Ils oublient que la situation est complètement différente. Les Tunisiens réclamaient entre autre, la liberté d’expression qu’ils n’avaient pas du tout. La preuve : au plus fort des émeutes tunisiennes, Ben Ali a promis un peu tard de rétablir une totale liberté d’expression dans son pays. Les Camerounais n’ont pas à se plaindre de ce point de vue.
Enfin, ces appels sont restés lettre morte notamment à l’étranger, car ces pseudo leaders de la diaspora n’ont pas la crédibilité pour mobiliser les membres de la communauté qui leur font pas confiance et ne sont pas dupes de toutes leurs manœuvres pour attirer l’attention sur eux.

Une réflexion au sujet de « Appels au soulèvement au Cameroun : la montagne accouche d’une souris »

  1. Un peuple qui souffre et qui dort et rêve encore des projets fantômes du dictateur paul biya. Depuis 30 ans, ce peuple attend les promesses qui n’arrivent jamais. Helas. Regulièrement, je me poses la question de savoir comment s’en débarrasser de ce gros nullard qui fait la honte des camerounais (es). Il me semble même que ce mec n’est pas un camerounais. Selon lui, il prefère mourrir au pouvoir et continuer à assombrir le pays.

    Qui a dejà gagné les elections présidentielles au pays? et qui les a perdu?
    Les elections au cameroun une farce, avez-vous vu un Etat dictatorial comme celui du cameroun organisé les elections transparentes? A ma connaissance Non. Si le cameroun était un Etat transparent, celui-ci organiserait les elections à 2 tours comme partout. Bravo Paul biya pour s’être réelu encore une fois de plus soi même, nous savons tous que sans le peuple tu as dejà gagné d’avance à 99,99% des votants

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