Projets de loi au Cameroun : beaucoup de bruit pour rien

L’Assemblée nationale du Cameroun vient d’adopter, lors d’une session extraordinaire, trois projets de loi qui ont été soumis à son examen par le gouvernement. Des projets de loi qui attendent à présent d’être promulgués par le chef de l’État, Paul Biya. Ils portaient entre autres, sur l’organisation, le fonctionnement d’Elecam (Elections Cameroon), l’organe chargé de gérer les élections au Cameroun, sur l’élection et la suppléance à la présidence de la République, et sur le secteur de l’électricité. Concernant Élecam, la nouvelle loi ôte à l’organe son pouvoir de proclamer les résultats définitifs des élections. Cette fonction relèvera désormais de la seule compétence du conseil constitutionnel tandis que le nombre des membres du conseil électoral passe de douze à dix huit membres pour tenir compte des diverses sensibilités politiques. Par ailleurs, selon le nouveau projet de loi, la suppléance passe de 45 jours à 3 mois, afin de permettre au Président de la République par intérim d’organiser l’élection présidentielle.

Mais dès l’annonce de la tenue de cette session extraordinaire de l’Assemblée nationale, il y a eu dans la presse notamment, beaucoup de spéculations, de procès d’intention non justifiés. En effet, les autorités ont fait face à toute une série de suspicions et de craintes qui reposaient sur des arguments non fondés qui ne tiennent pas la route. Des arguments du type : « Il est logique de penser que son examen ne se fera pas en toute sérénité et que des irrégularités graves seront une fois de plus perpétrées par le pouvoir en place » ou encore « Pour quiconque connait les habitudes et la logique du gouvernement en place, les raisons sont évidentes ». Concernant l’élargissement du conseil électoral de douze à dix huit membres, on a pu lire : « On peut légitimement arguer que les membres de l’opposition qui intègreront le conseil électoral serviront plus de caution que de contre-pouvoirs si le reste de dispositif électoral n’est pas modifié. Il faut craindre que le pouvoir n’instrumentalise la nomination des personnalités de l’opposition pour diviser encore plus leurs adversaires ».

Contrairement à ces affirmations, il est évident que ce projet de loi adopté quasiment à l’unanimité, marque la volonté du gouvernement d’impliquer l’opposition dans la gouvernance du pays. Il n’y a aucunement lieu de s’inquiéter car il n’y a rien qui va dans le sens d’une volonté de l’État de tout contrôler. Cela montre au contraire la volonté que les élections se déroulent dans le calme et sans problème afin d’éviter des conflits dans le genre de ceux qui ont entraîné la violente crise électorale en Côte d’Ivoire. Les partis de l’opposition partagent également ce point de vue et souhaitent être partie prenante de cette organisation.  À preuve,  la réaction du Chairman, John Fru Ndi, président du parti Social democratic front (SDF) qui a affirmé que « c’est une bonne réforme […] qui montre que le président de la République [ Paul Biya] nous a compris ».
Enfin, pour ce qui est de la suppléance qui passe de 45 jours à trois mois, il s’agit là clairement d’une question de bon sens guidée par la logique car 45 jours pour organiser une élection présidentielle, c’est franchement insuffisant. On a pu le constater au Gabon suite au décès du président Omar Bongo. Cette décision de rallonger ce délai à trois mois devrait plutôt être saluée, car elle s’inscrit dans une logique réaliste.

Une réflexion au sujet de « Projets de loi au Cameroun : beaucoup de bruit pour rien »

  1. Un peuple qui souffre et qui dort et rêve encore des projets fantômes du dictateur paul biya. Depuis 30 ans, ce peuple attend les promesses qui n’arrivent jamais. Helas. Regulièrement, je me poses la question de savoir comment s’en débarrasser de ce gros nullard qui fait la honte des camerounais (es). Il me semble même que ce mec n’est pas un camerounais. Selon lui, il prefère mourrir au pouvoir et continuer à assombrir le pays.

    Qui a dejà gagné les elections présidentielles au pays? et qui les a perdu?
    Les elections au cameroun une farce, avez-vous vu un Etat dictatorial comme celui du cameroun organisé les elections transparentes? A ma connaissance Non. Si le cameroun était un Etat transparent, celui-ci organiserait les elections à 2 tours comme partout. Bravo Paul biya pour s’être réelu encore une fois de plus soi même, nous savons tous que sans le peuple tu as dejà gagné d’avance à 99,99% des votants

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