Élection présidentielle au Cameroun : les prophètes de malheur

Après avoir étudié la Bible pendant 70 ans et en se basant sur un système de mathématique lui permettant d’interpréter les prophéties cachées dans les saintes Écritures, le pasteur américain Harold Egbert Camping annonçait, il y a quelque temps, être en mesure de prédire la fin du monde pour le 21 mai 2011 à 18heures. Sa théorie : Noé avait commencé à construire son arche qu’il a mis 7 jours à charger, en 4990 avant Jésus Christ. Si la bible indique qu’un jour est égal à mille ans, il a donc eu besoin de 7000 ans pour faire monter tout le monde sur son bateau. Et selon le calcul : – 4990 + 7000 + 1 (car l’année zéro n’existe pas) est égale à 2011. Par ailleurs, la Genèse indique aussi que l’inondation commence le 17e jour du second mois, ce qui correspond dans le calendrier juif au 21 mai. Il n’y avait donc aucun doute pour ce pasteur que l’apocalypse aurait lieu ce 21 mai 2011. Mais la fin du monde n’a pas eu lieu ce jour-là et le reste de la planète a continué à vaquer tranquillement à ses occupations.À l’image des États-Unis, le Cameroun est également envahi par ce type de prophètes qui prédisent non la fin du monde mais celle de Paul Biya à l’approche de la prochaine élection présidentielle. Un petit tour d’horizon sur Internet nous permet de faire un court inventaire des signes annonciateurs de ces nouveaux prophètes. Ainsi, pour certains « que Paul Biya gagne ou ne gagne pas, il partira. Car il est déjà écrit qu’il doit partir ». Selon eux, il y a actuellement  un vent de changement amorcé avec le printemps arabe et qu’il est impossible que le président camerounais échappe à ce vent irréversible de changement car « les Camerounais dans leur extrême majorité sont blasés ». Il serait intéressant de voir sur quelles données ou quels sondages ils se sont basés pour annoncer des faits aussi précis car on ne peut s’appuyer uniquement sur la foi ou les croyances pour faire des affirmations aussi préremptoires.

Pendant ce temps, d’autres assurent que les Camerounais ont « besoin d’un nouvel homme frais et rassurant » à la tête de l’État, sans pour autant donner un nom évidemment. Ce n’est pas faute d’avoir attendu pourtant en espérant qu’ils citeraient au moins un nom, ne serait-ce parmi les Camerounais déjà déclarés ou les chefs de l’opposition. De par leur statut de prophètes, on espérait qu’ils auraient au moins en tête le nom d’un remplaçant. Enfin, il y a ceux qui sont dans le secret des dieux en détenant des informations qu’eux seuls semblent posséder et qui annoncent : « Pour son malheur Paul Biya fait partie d’une liste de dirigeants africains et non africains dont les capitales occidentales estiment qu’ils ont fait leur temps et doivent par conséquent quitter le pouvoir ».

Tous ces prophètes ont donc vu certains signes que les autres n’ont pas aperçus. Des signes qui, semble-t-il, ne trompent pas. Et dans le cas du Cameroun, ils annoncent la venue d’un messie au secours d’un peuple camerounais « fatigué et blasé ». Ce type de raisonnement de  « Paul Biya doit partir et après, on verra », est parfaitement absurde. En effet, on ne peut pas passer son temps à demander qu’un chef d’État parte et n’avoir pas de candidat avec un programme de relève crédible à proposer.

2 réflexions au sujet de « Élection présidentielle au Cameroun : les prophètes de malheur »

  1. En fait quand on dit que Paul Biya doit partir, c’est juste une façon de dire qu’avec ou sans lui, il n’ya pas de difference. Nous savons tous que le Cameroun n’est pas gouverné; autant mieux y placer quelqu’un qui ferai au moins semblant d’être sur place au lieu d’être à l’extérieur 10 mois sur 12. C’est difficile à comprendre ça? Et le programme de Biya, c’est quoi le contenu? S’il y’avait à choisir entre un Cameroun sans président et un Cameroun avec Biya comme président, il n’ya que d’absurdes personnages qui continueraient à souhaiter sa présence.

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