Un pseudo et nouveau porte-parole pour la diaspora camerounaise.

On croirait rêver : ils sont trois dans la vidéo montrant la fameuse manifestation du 12 juin dernier à Ottawa. N’empêche : ils prétendent parler au nom de la diaspora camerounaise et leur mouvement s’appelle, en toute simplicité, « Cameroon Revolution ».Autrefois, quand on organisait une manifestation, comme celle d’Ottawa, qui est sans conteste un échec en termes de mobilisation populaire, on se faisait tout petit dans son coin. Plus maintenant! À l’heure d’Internet et des médias sociaux, on se précipite plutôt sur Youtube pour montrer l’insignifiant. Et pour combler le vide d’une non-manifestation, on se fend d’un message à la jeunesse. À quel titre on le fait? Ça n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est de faire beaucoup de bruit, comme savent le faire les tonneaux vides.

Mais revenons à l’essentiel, le message du porte-parole de ce pseudo et nouveau mouvement, Cameroon Revolution. Il se résume à ceci : le président Biya doit partir. Qui doit le remplacer et quel son programme? Pas un mot là-dessus. Cela ressemble tout simplement à une réaction purement émotive. C’est sur cette émotion d’ailleurs sur laquelle veut jouer Cameroon Revolution quand il dit aux jeunes qu’il comprend leur problème, le manque d’emplois.

Le chômage, on le sait, est un problème très sensible pour les jeunes. Mais c’est faire preuve de démagogie que laisser croire que c’est la faute d’un régime, car aujourd’hui, c’est connu de tous que c’est un problème universel. Au début de cette année, le Bureau international du travail reconnaissait ce fait : « 2011 sera très probablement la troisième année consécutive avec un chômage mondial supérieur à 200 millions de personnes », selon le directeur exécutif du secteur de l’Emploi du BIT, José Manuel Salazar-Xirinachs., qui a ajouté :« Les pays industrialisés devraient porter le plus lourd fardeau, ayant déjà contribué à plus de la moitié de la hausse du chômage mondial entre 2007 et 2010 alors qu’ils ne comptent que pour 15% de la main-d’oeuvre de la planète.» Le BIT a souligné par ailleurs que le problème numéro un reste le chômage des jeunes.

Voilà la vérité. Indiscutablement, ce problème est aujourd’hui une priorité. C’est pour cette raison que lors de son discours à l’occasion de la fête de la jeunesse en février dernier, le président Biya a annoncé le recrutement de 25 000 jeunes diplômés. Il en est donc parfaitement conscient.

Cela dit, on est d’accord au moins sur une chose avec Cameroon Revolution : les Camerounais doivent prendre leur destin en main. Mais on ne construit pas un pays en tenant des discours révolutionnaires à l’étranger. Il faut être sur le terrain et mettre la main à la pâte : « Nous reconnaissons que ce n’est ni aux Français, ni aux Américains, ni aux Chinois, etc., de construire le Cameroun, les hôpitaux, les routes, les aéroports, les stades de football, de gérer nos compagnies, d’extraire nos matières premières, etc. Nous avons chacun(e) une tête, deux bras et deux jambes comme eux. Pourquoi ne le faisons-nous pas nous-mêmes? Est-ce nous qui faisons cela chez eux? Que faisons-nous, nous-mêmes, pour notre pays? » Ces propos sont de nos amis de Cameroon Revolution. De très belles questions qui nous interpellent. Mais qu’attendent-ils alors pour rentrer et donner l’exemple?

Une réflexion au sujet de « Un pseudo et nouveau porte-parole pour la diaspora camerounaise. »

  1. C’est une escroquerie intellectuelle de mauvais gout, de voir des intrus se donner le pouvoir de parler au non de plus de 19 millions de camerounais.ils méritent des poursuites judiciaires…

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