Élection présidentielle : « l’opposition » multiplie les candidatures

Après un lot de prétendants affichés et affirmés dans le vacarme le plus total, nous apprenons les prétentions d’un autre citoyen camerounais candidat à la magistrature suprême. Dans une lettre ouverte pleine de contradictions, Momo Jean de Dieu, avocat international auprès des Nations Unies, nous déroule l’urgence de sa stratégie pour chasser Biya. À la lecture de ce document qui n’honore nullement son métier d’avocat, on arrive aisément à en conclure le manque de sérieux évident de cette candidature et la légèreté avec laquelle il prend les responsabilités inhérentes à la fonction de président de la République.Ne devient pas chef de l’État qui veut. En prétendant que « n’importe qui peut gagner cette élection aujourd’hui même s’il (Paul Biya) se représente », Me Momo accrédite une thèse farfelue qui pousse effectivement n’importe qui à vouloir assumer les plus hautes charges de l’État camerounais. Vouloir être président requiert un minimum de compétences, un sens aigu du service public et une stature qui tranche avec le citoyen lambda.

On ne peut prétendre à ce poste en commençant sa campagne par un filet de démagogie en déclinant pompeusement son titre et en prétendant être pauvre, « nous les pauvres… »

On ne peut prétendre faire partie du processus démocratique en affirmant que le pouvoir appartient à ceux qui sont les plus nombreux. On exerce le pouvoir parce qu’une majorité a adhéré à nos propositions.

On ne peut prétendre être pris au sérieux par les Camerounais en se présentant sans programme électoral, sans vision. Cela s’appelle réclamer un chèque en blanc à nos concitoyens. La vision d’un nouveau programme doit s’enrichir de propositions fortes et non se résumer en la promesse d’un quelconque programme consensuel qui n’existera pas de toutes les façons, puisqu’on n’en a aucune base d’éléments constructifs.

On ne peut vouloir rassembler en déclarant d’emblée être le seul véritable candidat de l’opposition auquel toutes les autres forces politiques doivent se joindre puisqu’elles ont fait leur temps. Cela frise un certain esprit qui annonce un égocentrisme qui ne dit pas son nom.

En un mot, soyons sérieux. À une période où la Nation réclame un peu plus de sérénité pour affronter les turbulences économiques et sociales qui frappent jusqu’aux pays les plus nantis, il y a comme un réel besoin de disposer de candidats de choix vraiment crédibles pour l’exercice du pouvoir suprême. Ce sérieux part de la personnalité de ces candidats à la confiance qu’ils nous inspirent en passant par les idées avancées pour le progrès du Cameroun.

Dans ce cas précis, la déception est d’autant plus grande que les juristes, dont fait partie Momo Jean de Dieu, nous avaient habitués à beaucoup mieux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

quatre × deux =