Appel à l’insurrection générale : un acte irresponsable

Un certain nombre d’associations de la diaspora camerounaise en Occident qui se présentent comme étant des « poids lourds » de cette communauté, appellent « au boycott actif de la mascarade électorale en cours dans les ambassades du Cameroun ». Il s’agit des associations comme le CODE, CAMEDIAC, Demokratisches Netzwerk für Kamerun (DNK), etc., connues pour leur manque de sérieux et de crédibilité. Et pour cause, elles manquent totalement de crédibilité. Ainsi, le CODE, Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques des Camerounais de la Diaspora, basé en Europe et dirigé par un certain Brice Nitcheu, affirme rassembler plusieurs associations de la diaspora qui, ensemble, forment un collectif. Or, ce pseudo collectif est composé seulement de ce Brice Nitcheu et des deux farfelus qui l’accompagnent un peu partout dans ses diverses manifestations aussi insignifiantes, ridicules et inutiles les unes après les autres. La spécialité du CODE, c’est d’inonder la toile avec les récits des non-événements isolés et présentés comme de grands exploits avec beaucoup de suspense à la manière d’un vieux polar. La communauté camerounaise est ainsi habituée à leurs « coups d’éclat » soi-disant spectaculaires, juste destinés à se faire de la publicité et leur donner un peu de visibilité pour satisfaire leurs ambitions personnelles.

De même, la nature exacte de CAMDIAC (Cameroon Diaspora for Change), nouvelle organisation créée récemment par un certain Célestin Bedzigui et domiciliée à Washington aux États-Unis, n’est pas claire. Leur action semble se limiter uniquement à organiser sur Internet, leur terrain de jeux, des forums de discussion « sur la situation au Cameroun et le rôle de la diaspora dans le progrès de la démocratie ». L’un de leurs faits d’armes les plus connus est d’avoir glissé une pétition au service du courrier du secrétariat général des Nations Unies, une pétition dont on ignore par ailleurs si elle a vraiment existé, car on n’a eu que la parole de Bedzigui et celle de ses comparses.

Ces associations ont donc beaucoup de difficulté, malgré ce qu’elles laissent entendre, à rassembler du monde autour d’elles car la majorité des membres de la diaspora camerounaise à l’étranger est parfaitement consciente du manque de sérieux et de crédibilité de leurs actions ou plutôt de leur manque d’actions. En dépit de tout cela, tentons quand même d’examiner leurs critiques à l’égard du pouvoir en place au Cameroun, de voir si leurs arguments tiennent la route. Premièrement, elles critiquent fortement ELECAM (Élections Cameroon), cet organe indépendant créé pour prendre le relais de l’Observatoire National des Élections (ONEL). Chargé de la conduite du processus électoral au Cameroun, il peinait à convaincre de sa neutralité les Camerounais, notamment les principaux partis politiques de l’opposition qui le taxaient sans cesse de « bras séculier » du gouvernement dans l’organisation des élections. D’où les nombreux changements depuis sa création, dont l’élargissement des membres qui a fait qu’il est devenu un organe crédible aux yeux de l’opposition camerounaise. De ce fait, tout laisse donc à penser que cette dernière va participer à la prochaine élection présidentielle. Ce qui rend cette diaspora prétendant parler au nom des Camerounais de l’étranger, complètement malade au point de disqualifier ces partis de l’opposition qu’elle traite de vendus : « Considérant l’instrumentalisation par l’autocrate Biya de certains partis et personnalités politiques pour apporter leur caution aux fraudes qui se préparent ». Prises dans leur folie de grandeur, ces personnes estiment donc que nul autre ne peut défendre les intérêts des Camerounais au point d’aller perturber (association le CODE) une rencontre à Bruxelles en Belgique, entre une délégation du Conseil électoral d’ELECAM et les responsables des partis politiques camerounais ayant des représentations (RDMC, MDI, l’UPC et SDF) dans ce pays.

Par ailleurs, ces associations considèrent la nouvelle loi sur le vote de la diaspora comme une « mascarade ». Est-il nécessaire de rappeler que ce vote a toujours été une des nombreuses revendications des Camerounais vivant à l’étranger et que le président Paul Biya n’a fait que répondre à leurs attentes? Mais maintenant que c’est devenu une réalité incontestable, cette partie de la diaspora a du mal à accepter que cette loi s’accompagne d’un certain nombre de conditions qu’elle doit respecter comme le fait que « les ambassades exigent pour l’inscription sur les listes électorales, une carte de séjour en cours de validité » de la part des Camerounais vivant à l’étranger. Ce qui exclut de fait, selon ces associations, les milliers de camerounais « sans papiers». C’est pourquoi elles ont lancé un appel à « l’insurrection générale comme l’ultime solution qui reste au peuple camerounais ». Lorsqu’une loi est votée, il y a toujours un minimum de règles à respecter. Les autorités ne peuvent, en aucune manière, laisser n’importe qui aller voter. Une fois de plus, ces associations n’ont pas peur du ridicule. Et puis par ailleurs, à qui s’adresse exactement cet appel à l’insurrection? À un ennemi invisible ou au peuple camerounais qui manifestement ira voter quoi qu’il arrive? En effet, cet appel risque de ne pas être entendu car on a à faire, au risque de le répéter, à des associations très peu crédibles dirigées par des gens comme Nitcheu. C’est pourquoi, conscientes de cela, ces associations proposent« l’insurrection générale » qui est une décision irresponsable. Elles veulent ainsi provoquer le trouble dans un pays en paix. Pourquoi donc appeler à l’insurrection générale quand le peuple camerounais souhaite aller aux urnes pour se prononcer et choisir son président? C’est à ce peuple de décider si Paul Biya doit partir ou non.

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