Présidentielle camerounaise : « le pire n’est pas arrivé »

Le 9 octobre dernier, 7,5 millions de Camerounais étaient invités aux urnes pour élire leur futur chef d’État parmi 23 candidats dont le président sortant Paul Biya. Ces élections font suite à deux semaines de campagne et à plusieurs mois de polémiques et de controverses portant notamment sur leur organisation et déroulement. En effet, beaucoup prévoyaient le pire, en particulier des troubles sociaux qui mettraient le pays sens dessus dessous. Tandis que d’autres avaient des inquiétudes quant à la capacité d’Elecam (Élections Cameroon), cet organe indépendant chargé de gérer ces élections et dont c’était la première expérience. Mais le moins que l’on puisse dire au lendemain de ce scrutin, c’est que le pire n’est pas arrivé.

D’une manière générale, tout s’est relativement bien déroulé, dans le calme et la sérénité, hormis quelques incidents mineurs. Et il semblerait qu’Elecam ait rempli son mandat. C’est du moins l’avis de nombreux observateurs nationaux et étrangers (près de 8000) dépêchés au Cameroun pour surveiller ces élections. Ces derniers ne tarissent pas d’éloges sur le travail d’Elecam qu’ils ont jugé globalement satisfaisant et cela, malgré quelques problèmes d’ordre technique, administratif ou logistique enregistrés mais qui, selon eux, ne sont pas de nature à fausser les résultats de l’élection.

Ainsi, pour Ibrahim Boubacar Keita, chef de la mission de l’Union africaine et ancien Premier ministre malien, « Elecam a fait, pour un coup d’essai, un coup de maître ». Pierre Buyoya, ancien président du Burundi qui présidait une mission d’observation de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), s’est quant à lui, dit particulièrement intéressé par l’expérience camerounaise dont il est prêt à partager les leçons avec ceux qui s’occupent des élections dans d’autres pays. Enfin, Fred Mitchell, chef de la mission d’observation du Commonwealth, a relevé que « l’élection a été conduite dans la paix, et qu’il n’y a pas eu d’intimidation sur les populations pour qu’elles puissent voter ». Même Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères et européennes a commenté ce scrutin à l’Assemblée nationale de son pays : « Ce que je peux vous dire, c’est que, selon l’Organisation internationale de la Francophonie et le Commonwealth, qui ont suivi le déroulement de ces élections, on peut considérer aujourd’hui qu’elles ont eu lieu dans des conditions acceptables ».

Mais au-delà de tous ces témoignages élogieux émanant des observateurs étrangers, l’on remarque que le peuple camerounais a, dans son ensemble, fait preuve d’une grande maturité en ne cédant pas aux influences de l’Extérieur, notamment de la part de certains membres de la diaspora qui n’ont cessé ces dernières semaines d’appeler leurs compatriotes à la révolte.

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