Présidentielle 2011 : le sens du vote des Camerounais

Paul Biya, le président sortant du Cameroun et candidat du RDPC, a été réélu le 9 octobre dernier à la tête de l’État pour un nouveau mandat de sept ans, avec 77,98% des suffrages. Cette réélection apparaît comme une victoire logique qui prouve que les Camerounais ont préféré la stabilité et/ou une certaine forme de continuité en ces temps incertains avec les différentes crises financières internationales qui frappent plusieurs pays dans le monde.

Par ailleurs, cette victoire était pour beaucoup inévitable dans la mesure où les leaders de l’opposition ont tout simplement été incapables de se mettre ensemble pour s’organiser afin d’affronter le président sortant durant les élections. Même en sachant qu’individuellement, ils n’avaient aucune chance de l’emporter, ces derniers n’ont jamais manifesté la volonté de se rassembler autour d’un candidat. Leur prise de conscience a été tardive. En effet, c’est seulement après l’annonce des résultats qu’ils se sont mis d’accord pour contester les résultats du scrutin. Ainsi, un certain nombre de candidats malheureux de cette élection, ont refusé de reconnaître ces résultats et ont même réclamé l’annulation du scrutin. Ces candidats qui étaient au nombre de sept dont John Fru Ndi du Social Democratic Front (SDF), le principal parti de l’opposition camerounaise, ont signé un document appelé «Appel de Yaoundé» où ils appelaient les Camerounais à manifester pour contester ces résultats de cette élection présidentielle. Mais, face au manque d’enthousiasme et à l’impopularité manifestée par ces derniers, ces leaders de l’opposition ont fini par abandonner leur projet.

En fin de compte, le principal vainqueur de ces élections, c’est la jeune démocratie camerounaise, une démocratie à laquelle les Camerounais sont très attachés, car comme l’a souligné Paul Biya dans son discours de remerciement, ses compatriotes qui, en ayant voté dans le calme (ou en boycottant l’appel de l’opposition), ont une fois de plus, « manifesté leur sens des responsabilités et leur attachement à la démocratie ». Par ailleurs, la reconnaissance presque unanime des autres candidats, de la victoire du « nouveau président » et leurs messages de félicitation constituent une autre preuve de la bonne marche de la démocratie au Cameroun. Ainsi, dans un communiqué remis à la presse, John Fru Ndi qui est arrivé en deuxième position avec 10,71% des suffrages, a annoncé prendre acte « des résultats de l’élection présidentielle du 9 octobre 2011 au Cameroun donnés par la Cour suprême ». Enfin, ce scrutin doit également son succès à Elections Cameroun (ELECAM) qui malgré le fait que c’était la première élection qu’il organisait, a su tirer son épingle du jeu, en particulier si l’on se fie aux commentaires des observateurs internationaux et impartiaux dépêchés sur place pour surveiller le bon déroulement de ces élections. En somme, tout cela fait clairement penser que ce pays est engagé dans un processus démocratique irréversible.

 

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