Cameroun : La guerre déclarée à la bureaucratie

La bureaucratie représentée par les lenteurs administratives est l’un des principaux facteurs qui freinent le développement en Afrique. Elle est devenue au fil du temps une source de pouvoir pour certaines personnes, qui au lieu de défendre l’intérêt général, se battent plutôt pour leur intérêt personnel. Ainsi, de nombreux citoyens africains à qui on a pris l’habitude de faire comprendre que les services administratifs qui leur étaient offerts, n’étaient pas un droit ou un devoir mais une faveur, n’ont plus confiance en cette administration. Cette situation qui pénalise donc énormément la population africaine en général, est à l’origine de nombreux cas de corruption sur le continent.

C’est contre cette bureaucratie que le président Paul Biya va en guerre lorsqu’il parle dans son discours prononcé à l’occasion du premier conseil ministériel de ce nouveau septennat, « de grands progrès à faire en termes d’efficacité et de rapidité », car il souhaite que les choses changent. Et ce n’est pas la première fois que le chef d’État camerounais aborde ce problème qui s’inscrit aussi dans le cadre de la bonne gouvernance. En effet, lors du 3ème Congrès du RDPC le 15 septembre dernier, il affirmait dans son discours : « Notre fonction publique doit se moderniser, elle doit tourner le dos à l’attentisme, à l’inertie, à l’immobilisme, pour devenir plus efficiente et se donner une éthique à la mesure des enjeux et résolument tournée vers la satisfaction de l’intérêt général ».

C’est d’ailleurs pour cette raison que les autorités camerounaises ont invité le mois dernier, une mission originaire de Maurice, pays qui occupe depuis quatre ans la première place en Afrique dans le classement Doing Businesse de la Banque mondiale qui liste tous les ans les pays où il est facile de faire des affaires, afin qu’elle leur fasse bénéficier de ses conseils et recommandations dans le but d’améliorer les performances du Cameroun (classé à la 161ème place) en la matière. Petit exemple concret pour illustrer la lenteur administrative, véritable fléau sur le continent africain. Il faut en moyenne trois heures de temps pour créer une entreprise à Maurice contre 72h officiellement au Cameroun. En cause, le non respect des échéanciers des différents services administratifs. C’est pourquoi, durant ce premier conseil des ministres, le président camerounais va jusqu’à leur montrer un plan de travail pour mettre en place un échéancier et le respecter. Et c’est sur la capacité d’établir et de respecter cet échéancier que ces ministres vont être désormais jugés.

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