Cameroun : les « porte-parole » du peuple

Sans sondage ni étude précise, il y a des personnes qui prétendent être la voix du peuple camerounais. Elles savent ce qu’il pense, ce qu’il veut et ne veut pas, ce dont il a envie, etc. Ces personnes qui parlent donc au nom des Camerounais savent que ces derniers sont révoltés car ils sont fatigués de souffrir. C’est une véritable tendance aujourd’hui, notamment au sein de la communauté camerounaise à l’étranger. Quand ce n’est pas les associations de la diaspora, c’est un certain nombre d’individus qui derrière leur écran d’ordinateurs à des milliers de kilomètres de leur terre natale et grâce à Internet, devenu un outil de communication incontournable, s’expriment au nom de leurs compatriotes restés au pays.

Mais en réalité, tous ces gens défendent seulement leurs intérêts. Ils agissent ainsi pour des raisons partisanes. Tout ce qui les intéresse, c’est le pouvoir et pour cela, ils ont besoin de diaboliser le plus possible le pouvoir en place, le noircir au maximum. Ils profitent de n’importe quelle affaire qu’ils montent en épingle et s’en servent comme arme pour leur pseudo-lutte pour sauver ou défendre le peuple camerounais qu’ils disent opprimé. Preuve en est avec « cette affaire Vanessa Tchatchou » repri par certains médias en ligne ces derniers jours et largement commentée sur les réseaux sociaux, qui est présentée comme un fait « symptomatique des tares dont souffre le Cameroun d’aujourd’hui […] de l’irresponsabilité politique de quelques fonctionnaires grabataires passant leur temps à pérorer sur des projets qui ne voient jamais le jour à la déchéance sociale de nos concitoyens qui n’autorise visiblement plus l’indignation collective […] de cette décrépitude générale qui s’est tellement développée dans le corps social qu’elle s’est banalisée. Les Camerounais la vivent mais ils ne la voient plus. Ils la subissent mais ils ne la sentent plus, donnant l’impression d’être parés d’une armure qui leur permet d’affronter les hérésies du quotidien avec l’indifférence d’un enfant qui peine à croire en l’avenir ». Tout comme les autorités en place, ils affirment ainsi parler pour ce peuple, à la différence que les gens au pouvoir ont la légitimité de le faire puisqu’ils ont été élus démocratiquement.

« Les Camerounais ont certes perdu toute appétence pour la politique mais ils n’ont pas perdu leur dignité. Et il vaudrait mieux « ne pas se méprendre sur la patience qu’ils ont manifestée jusqu’à présent. Ils sont capables du meilleur comme du pire », pour emprunter cette expression à Celestin Monga ». Avec ce type de phrase, ces « porte-parole du peuple camerounais » agissent finalement comme si celui-ci était devenu pour eux une sorte de bouclier derrière lequel ils se cachent lorsqu’ils désirent ou ont besoin de s’attaquer à leur adversaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 + douze =