Cameroun : Washington impressionné par les « progrès significatifs » réalisés par Paul Biya

Le président Paul Biya a reçu lundi dernier à Genève en Suisse Eileen Chamberlain Denahoe, la Représentante des États-Unis au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, qui a affirmé avoir été « profondément impressionnée par les progrès significatifs accomplis au Cameroun » en matière de démocratie, réformes électorales, gouvernance et de lutte contre la corruption. Il faut en effet reconnaître que le Cameroun d’aujourd’hui est loin de ressembler à celui d’il y a quelques années, tant le pays a évolué ces deux dernières décennies.

D’abord, l’on a assisté en 1990, à l’éclatement du paysage politique du pays qui a vu ainsi la réapparition du multipartisme intégral qui s’est traduit par la naissance de plus de 200 formations politiques. En effet, après avoir connu le multipartisme de la veille des indépendances dans les années 1950, au milieu des années 1960 (1966 précisément), le Cameroun était retourné au système du parti dit unifié censé regrouper toutes les sensibilités politiques en vue de renforcer ainsi l’unité nationale. Cependant, depuis 1990 donc, avec le retour du pluralisme politique suite à l’adoption des lois sur la liberté d’association, quatre élections présidentielles ont été organisées dans le pays, en 1992, 1997, 2004 et 2011. Des consultations électorales qui ont permis à une demi-douzaine de partis de se distinguer, comme le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) de Paul Biya majoritaire à l’Assemblée nationale, le Social Democratic Front (SDF) de John Fru Ndi, considéré comme le plus grand parti de l’opposition.

Les lois de 1990 ne se sont pas seulement contentées de consacrer les libertés politiques, elles ont également abrogé l’ordonnance de 1962 qui, en introduisant la notion de subversion, permettait un véritable musèlement de la presse, notamment à travers la censure préalable. Mais en 1990, avec le vote de la loi 90 du 19 décembre 1990 sur la communication sociale qui concerne le domaine de la presse en particulier, on assiste à un changement radical. Cette loi signe ainsi la fin de la censure administrative préalable et du monopole de l’État sur les médias audiovisuels grâce à la proclamation de la liberté de la presse. Résultat : le Cameroun compte aujourd’hui plus de 600 journaux parmi lesquels une vingtaine d’hebdomadaires et quatre quotidiens privés en plus de Cameroon Tribune, l’organe gouvernemental. Le paysage audiovisuel a aussi connu une évolution remarquable avec la création d’une cinquantaine de radios privées et une quarantaine de radios communautaires, outre Cameroon Radio Television (CRTV), la chaîne publique. Et concernant la télévision, une dizaine de chaînes privées ont également vu le jour. Ce paysage médiatique est désormais complété par la presse cybernétique.

Et au-delà de la liberté de la presse, c’est la culture des droits de l’homme que le président Paul Biya s’efforce d’instaurer durant toutes ces années à la tête de l’État camerounais. Il a ainsi engagé le combat pour la promotion des droits de l’homme sur deux fronts. D’abord sur le plan institutionnel, une commission des droits de l’homme et des libertés (CNDHL) a été créée. Cet organe doté d’une grande autonomie et d’une large marge de manœuvre, joue le rôle de gendarme des droits de l’homme et œuvre à les faire connaître à l’ensemble des Camerounais. Ensuite sur le plan judiciaire, ceux qui violent les droits de l’homme sont appelés à répondre de leurs actes devant la justice.

Par ailleurs, face aux contestations concernant les consultations électorales de la part de certains partis politiques, Paul Biya s’est résolu, pour remédier à cette situation, à mettre en place l’Observatoire national des élections (ONEL) qui était chargé d’observer le processus électoral et d’attirer l’attention des autorités administratives sur les dysfonctionnements et les problèmes qui pouvaient se poser. Mais jugeant le travail de l’ONEL insatisfaisant, le chef de l’État a décidé de créer en 2008, Elections Cameroon, une structure autonome chargée d’organiser et de gérer l’ensemble du processus électoral. Celle-ci a été mise à l’épreuve pour la première fois lors de l’élection présidentielle du 9 octobre dernier. En dépit de quelques insuffisances et dysfonctionnements, les observateurs y compris internationaux, s’accordent à reconnaître que cette institution a permis de faire une avancée remarquable dans ce domaine. Pour aller encore plus loin dans cette avancée, Elecam, après avoir décidé de procéder à la refonte des listes électorales plutôt qu’à la révision, a choisi de recourir à la biométrie afin de fiabiliser le fichier électoral. L’utilisation de la biométrie devrait en effetcontribuer à éliminer les inscriptions multiples ou fictives, et donc combattre la fraude électorale.

Enfin, pour faire suite à la lutte contre la corruption engagée depuis quelques années à travers l’opération dite Epervier, le gouvernement vient de déposer à l’Assemblée nationale deux projets de loi qui portent sur la création d’un tribunal spécial pour lutter contre la criminalité, la corruption, le détournement des deniers publics et sur l’organisation judiciaire. Avec le dépôt de ces deux textes, il est clair que Paul Biya tient absolument à honorer une de ses promesses de campagne qui était de poursuivre sans relâche cette lutte contre la corruption. Malgré une campagne de salubrité publique très féroce qui a conduit à l’arrestation de nombreuses personnalités y compris des membres du gouvernement et de hauts responsables de l’État, ce fléau continue à gangréner la société camerounaise.

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