Cameroun : la protection de la fortune publique

Yaoundé accueillait récemment un forum sur la lutte contre la corruption et la protection de la fortune publique au Cameroun. Organisé à l’initiative du ministère chargé du Contrôle supérieur de l’État Henri Eyebé Ayissi, il a vu la participation de certaines structures étatiques chargées de combattre la corruption, les organes d’audit interne des établissements publics administratifs. Des participants qui se sont largement étendus sur la question de savoir comment revisiter les mécanismes de protection de la fortune publique et les sanctions non judiciaires aux différentes atteintes dans le but de renforcer l’efficacité du dispositif de lutte contre la corruption.

Ainsi, M. Ayissi, a profité de ce forum pour réitérer la volonté du président Paul Biya de continuer à traquer sans relâche les détourneurs des fonds publics. Il a donc assigné à ce forum la mission « d’aboutir à une meilleure appropriation, par les parties prenantes, des rôles et du fonctionnement de l’ensemble des organes constituant le dispositif institutionnel de prévention, de contrôle, de constatation et de répression non judiciaires des atteintes à la fortune publique ». Il est vrai qu’en matière de gestion des finances publiques, parmi les réformes engagées par l’État pour la prévention, le contrôle et la répression des atteintes à la fortune publique, l’Opération Épervier est celle que les Camerounais connaissent le plus. L’Opération Épervier est cette campagne de salubrité publique à l’origine de nombreuses arrestations de personnalités publiques (membres du gouvernement et de hauts responsables de l’État entre autres) et privées soupçonnées de détournement de fonds publics.

On oublie très souvent que ce dispositif comprend également d’autres organes permanents et totalement indépendants tels que les services du Contrôle Supérieur de l’État, la Chambre des Comptes de la Cour suprême, l’Agence Nationale d’Investigations Financières (ANIF), la Commission Nationale Anti-corruption (CONAC). Cette dernière a pour principale mission de recueillir, de centraliser et d’exploiter les dénonciations et informations sur des pratiques et faits ou actes de corruption dont elle est saisie. Sont particulièrement visés : la minoration ou la dissimulation des recettes publiques, les marchés fictifs, la production de fausses factures, les virements des crédits entre les lignes budgétaires, lorsque ces opérations ont pour finalité et conséquence de vider de sa substance le vote du budget effectué par le conseil d’administration. La CONAC doit en outre identifier les causes de la corruption et proposer aux autorités compétentes des mesures susceptibles de permettre de l’éliminer dans tous les services publics ou parapublics. L’Agence Nationale d’Investigations Financières est quant à elle chargée de lutter contre le blanchiment des capitaux en collaboration avec la CONAC. Ces organes sont ainsi la traduction dans les faits de la volonté du chef de l’État camerounais, Paul Biya, de faire avancer les choses dans le sens de la bonne gouvernance. Ils sont les gendarmes chargés de la protection de la fortune publique.

Une réflexion au sujet de « Cameroun : la protection de la fortune publique »

  1. L’heure n’est plus à la rigolade le Cameroun doit atteindre d’ici 2035 selon le président Paul Biya le cap de pays émergent et cela passe par l’assainissement du milieu des affaires et surtout de la lutte contre la corruption, c’est l’une des raisons de la tenue de ce forum.

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