Cameroun : comment aider à l’autonomisation des femmes rurales

Du 27 février au 9 mars 2012 avait lieu, à New York, la 56e session de la Commission de la condition de la femme. Cette réunion qui rassemblait un certain nombre de responsables gouvernementaux, de femmes rurales, de représentants des Nations Unies et de la société civile et du secteur privé, s’est essentiellement focalisée sur « l’autonomisation des femmes rurales et leur rôle dans l’élimination de la pauvreté et de la faim, le développement et le règlement des problèmes actuels ». Et pour cause, ces femmes représentent un quart de la population mondiale et leurs contributions sont cruciales pour le bien-être de leurs familles et de leurs communautés ainsi que pour les économies locales et nationales.

Ainsi, les participants à cette session se sont accordés sur le fait que ces femmes rurales, durement frappées par la dernière crise économique et financière à cause de la volatilité des prix alimentaires et du fait que l’agriculture est souvent centrée sur les exportations, méritent qu’on leur donne l’opportunité de participer pleinement aux initiatives visant à répondre à ces crises et à être associées à la prise de décisions à tous les niveaux car cela les concerne directement. Leur leadership et leur participation sont essentiels pour élaborer des réponses aux problèmes actuels de développement, notamment en zones rurales et aux récentes crises. Pour eux, libérer le potentiel des femmes rurales pourrait ainsi fortement contribuer à mettre fin à la pauvreté et à la faim ainsi qu’à accélérer la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et à parvenir au développement durable. Ces femmes constituent en effet une grande proportion de main-d’œuvre agricole en produisant la majeure partie des cultures vivrières, en particulier dans le cadre de l’agriculture de subsistance et en effectuant la plus grande part des travaux domestiques non rémunérés dans les zones rurales.

En somme, de leur point de vue, l’autonomisation économique des femmes rurales est primordiale, car si ces dernières bénéficiaient d’un accès égal aux ressources productives, les rendements agricoles s’en trouveraient augmentés, ce qui ferait naturellement baisser le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde, soit 100 à 150 millions de personnes. Un point que semble avoir compris le gouvernement camerounais au vu des réalisations qu’il a accomplies pour aider les femmes rurales à être des acteurs complètement impliqués dans le développement. S’appuyant sur des recherches réalisées récemment par ONU Femmes qui montrent que les femmes rurales sont confrontées à plus de difficultés que les hommes entre autres, en ce qui concerne l’accès aux services publics, à la protection sociale, aux opportunités d’emploi, etc. à cause notamment d’un manque d’éducation, les autorités camerounaises ont doublé d’efforts pour remédier à cette situation dans leur pays.

Ainsi, au niveau de l’éducation, 408 écoles communautaires ont été créées, 86 000 femmes ont pu suivre des formations dans 89 centres de renforcement de capacités des femmes tandis que plusieurs programmes ont été mis en place pour encourager les jeunes filles à aller à l’école, notamment en sensibilisant les mères sur la nécessité d’envoyer leurs filles à l’école et de répartir les tâches ménagères entre garçons et filles afin que ces dernières puissent maximiser leurs chances de réussite. Rappelons qu’au Cameroun, selon les données du 3e recensement de la population, la force de travail dans le domaine agricole est constituée entre 50 et 70% par les femmes qui représentent un peu plus de la moitié de la population rurale (près de 9,3 millions de personnes), soit 4,7 millions. Par ailleurs, le gouvernement camerounais travaille également à conscientiser les décideurs sur l’importance d’inclure la femme dans les cercles de décisions. Leurs efforts semblent porter fruits, car le taux de pauvreté chez les femmes aurait diminué entre 2001 et 2007, passant de 40,5% à 33,4%, malgré des variations en fonction des régions.

L’on peut donc affirmer que le Cameroun a déjà entamé ce travail d’autonomisation des femmes rurales même si certains pensent que le pays peut encore mieux faire.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

4 × 2 =