Les projets structurants du Cameroun : un véritable levier pour le développement

Les performances économiques du Cameroun ont été « bonnes » en 2011, a fait savoir Mario de Zamaroczy, chef de la mission conjointe effectuée par le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la BAD entre le 2 et le 16 mai dernier au Cameroun. Ainsi, selon lui, la croissance économique camerounaise a été évaluée à « un peu plus de 4% » en 2011. « Les résultats encourageants de l’économie camerounaise sont rendus possibles grâce, d’une part, au démarrage effectif des grands projets structurants dans le secteur des infrastructures et de l’énergie et, d’autre part, au raffermissement de la demande intérieure, soutenue par la bonne tenue des finances publiques. », a-t-il conclu au cours d’un point presse clôturant cette mission. En somme, pour Mario de Zamaroczy, une telle performance a pu être possible grâce aux investissements publics massifs et une politique judicieuse de contrôle de l’inflation. Par ailleurs, les membres de cette mission se seraient dits « très impressionnés par les travaux du port en eaux profondes de Kribi » qualifiés de « presque herculéens ».

La construction de ce port en eaux profondes de Kribi, synonyme de développement économique, de création d’industries et de multiplication des infrastructures, entamée en octobre dernier, a ainsi donné le coup d’envoi des projets structurants que le président Paul Biya a promis de réaliser durant son septennat (2011-2018). Ce port, dont la construction a été confiée à une entreprise chinoise, accueillera des bateaux de 60 à 300 000 tonnes et de 17 à 24 mètres de tirant d’eau et son complexe portuaire s’étendra à terme sur 75 km de côte (de Kribi à Campo) tandis que son terminal polyvalent va gérer un trafic de marchandises de 3 à 4 millions de tonnes/an et celui à conteneurs aura un trafic de 400 000 conteneurs/an, etc. Les principales exportations du pays partiront de ce futur port. En plus d’être la principale voie d’entrée et de sortie des produits par la mer, le port de Kribi favorisera également le regroupement de nombreuses industries de transformation. Il permettra par ailleurs de réduire de manière significative le temps de transport. Le Cameroun sera ainsi à moins de 12 jours de l’Europe de l’Ouest, à moins de 25 jours de la Chine et ses voisins et à 9 jours du Brésil. Enfin, l’activité industrialo-portuaire à Kribi va générer plus de 40 000 emplois, dont 20 000 directs.

En plus de la réalisation du port en eaux profondes de Kribi, les projets structurants de Paul Biya comprennent également d’autres projets, notamment dans le domaine de l’énergie à l’image du barrage-réservoir de Lom Pangar. L’objectif de ce projet qui comprendra entre autres, la construction d’une centrale hydro-électrique de l’ordre de 30 MW au pied du barrage et d’une ligne de transport d’énergie haute tension d’environ 110km, est d’accroître la capacité de régularisation du fleuve Sanaga afin de renforcer la productivité énergétique des centrales construites ou à construire en aval. La signature du contrat de construction et de mise en service de ce projet le 12 août 2011, entre Electricity Development Corporation (EDC), maître d’ouvrage du projet et la China International Water & Electric Corp. (CWE), l’entrepreneur, a marqué le début de la réalisation de cet ouvrage qui permettra la création de 1000 emplois directs destinés principalement à la main-d’œuvre locale. Ce projet permettra donc, non seulement de satisfaire totalement la demande intérieure d’électricité du pays mais également d’alimenter le marché sous-régional.

Ces projets structurants que le président Biya a décidé de placer au cœur de sa politique économique, semble d’ores et déjà porter des résultats dans la mesure où ils encouragent fortement les investissements des entreprises étrangères sur le territoire camerounais. Ainsi, le groupe français Bolloré a annoncé vouloir investir entre 2012 et 2013, 50 milliards FCFA (près de 100 millions de dollars) dans plusieurs projets de développement dans le pays, dont un train rapide entre Yaoundé et Douala et une ferme photovoltaïque. « Nous avons le développement de CAMRAIL », (l’entreprise concessionnaire, depuis juillet 1999, du chemin de fer camerounais), a souligné Vincent Bolloré lors d’une interview sur les antennes de l’office national de radio et télé. « Nous avons aussi des projets dans le chemin de fer qui consistent à la fois à prolonger le chemin de fer vers d’autres pays et à permettre ainsi d’aller récupérer les voyageurs et les produits pour les transporter via le Cameroun », a-t-il ajouté. Pour ce chef d’entreprise français qui emploie près de 7000 personnes au Cameroun (un chiffre qui va, selon lui, passer à 10 000 dans les cinq prochaines années grâce à la création d’activités nouvelles), ce sont-là autant de projets de développement et de création d’emplois dans un pays qu’il « aime particulièrement » pour « sa stabilité politique et la qualité exceptionnelles de ses ressources humaines ».

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