Cameroun : la ruée des investisseurs étrangers

Deux délégations d’hommes d’affaires marocains et tunisiens étaient récemment de passage à Yaoundé où elles ont rencontré les autorités camerounaises pour une réunion de travail au sommet ayant pour but de développer les opportunités d’affaires avec le Cameroun. La délégation marocaine conduite par M. Anas SERFRIOUI, président du Groupe ADDOHA et Mohammed Ketanni, président-directeur général d’Attijariwafa Bank, entreprise qui a repris la Société camerounaise de banque (Scb), a ainsi été reçue par le chef de l’État camerounais, Paul Biya. Une rencontre qui a principalement porté sur la promotion de l’habitat social et la construction d’une cimenterie dans le pays.

En effet, l’homme d’affaires marocain a l’intention de construire une cimenterie à Bonaberi (Douala), la capitale économique, d’une capacité de production annuelle de 500 000 tonnes de ciment, pour un coût d’investissement de 20 milliards de F CFA. Le lancement de ce grand chantier qui a eu lieu ce 19 mai 2012, constitue la première étape d’un grand projet qui vise à construire des logements sociaux sur l’ensemble du territoire camerounais. Cette cimenterie va coûter un peu plus de 37 millions de dollars (30 millions d’euros), soit plus de 19,680 milliards de francs CFA et va créer un millier d’emplois, en plus de contribuer à la baisse du prix du ciment sur

La délégation tunisienne composée d’experts et d’opérateurs économiques était quant à elle, conduite par le Secrétaire des  Affaires Arabes et Africaines, Abdallah Triki. Une visite justifiée par le fait que le Cameroun est le premier partenaire économique de la Tunisie au sud du Sahara, tout comme la Tunisie est le premier partenaire du Cameroun en Afrique du Nord.

Avec ces implantations d’entreprises étrangères en terre camerounaise, le Cameroun devient un pays de plus en plus attractif aux yeux de nombreux investisseurs étrangers qui s’y précipitent en masse pour y investir, dans des domaines aussi divers que la cimenterie ou la chocolaterie. L’on peut ainsi citer le projet de cimenterie de la société Dangote Industries Cameroon LTD appartenant au promoteur milliardaire nigérian Aliko Dangote, dont les travaux qui, après avoir été interrompus à cause d’un litige avec les chefs Sawa de Douala, ont finalement repris sur ordre du président Paul Biya. Ce projet est évalué à près 57 milliards FCFA pour une capacité de production d’un million de tonnes de ciment par an.

Par ailleurs, le Cameroun, 5e producteur de cacao avec plus de 200 000 tonnes de production annuelle, verra également l’implantation de la 2e usine de production de chocolat d’origine marocaine. Ainsi, la Compagnie chérifienne de chocolaterie compte lancer en juin 2012, à travers sa succursale camerounaise, la Cameroon Investment Company, la construction d’une usine de production de chocolat qui produira 40 000 tonnes de chocolat par an et emploierait 500 personnes. Son coût est estimé entre 30 et 50 milliards de francs CFA. De même, avec une enveloppe de 50 milliards FCFA, le groupe Bolloré compte investir entre 2012 et 2013 dans plusieurs projets de développement au Cameroun, dont un train rapide entre Yaoundé et Douala et une ferme photovoltaïque. Les investissements du groupe français seront également, pour l’essentiel, affectés au développement du port en eau profonde de Kribi.

Qu’est-ce qui explique donc cette pluie de projets de la part d’investisseurs étrangers sur le territoire camerounais? Une première réponse est à chercher du côté de l’amélioration du climat des affaires opérée ces dernières années dans le pays grâce notamment à la volonté du président Biya d’offrir aux investisseurs nationaux comme étrangers un cadre incitatif pour l’exercice de leurs activités. Il a ainsi fait adopter la Charte des investissements qui s’est traduite par la création du Conseil de régulation et de compétitivité, de l’Agence de promotion des investissements, de la Commission nationale de la concurrence, de l’Agence des normes et de la qualité, etc. Et pour faciliter les importations et les exportations, un Guichet unique des opérations du Commerce extérieur a également été institué. Par ailleurs, les dispositions prises dans le cadre de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), ont aussi facilité le règlement de nombreux litiges commerciaux influençant ainsi positivement l’environnement juridique et judiciaire du Cameroun. Cette amélioration du climat des affaires n’aurait pas pu non plus se faire sans la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics concrétisée par la désormais célèbre Opération Épervier, une campagne de salubrité publique qui a conduit à l’arrestation de nombreuses personnalités y compris des membres du gouvernement et de hauts responsables de l’État soupçonnés de détournement de fonds publics.

Enfin, la politique des projets structurants placée au cœur de la politique économique du président Paul Biya, a fini de convaincre les investisseurs étrangers de venir s’implanter au Cameroun. Ainsi, des projets comme la construction du port en eaux profondes de Kribi entamée en octobre dernier ou encore le barrage-réservoir de Lom Pangar, constituent le fer de lance de ces projets structurants que le chef de l’État a promis de réaliser durant son septennat (2011-2018). Ces projets semblent ainsi d’ores et déjà, porter des fruits.

2 réflexions au sujet de « Cameroun : la ruée des investisseurs étrangers »

  1. Le Cameroun actuellement est en train de récolter les longs efforts fournis et par le président Paul Biya à travers la lutte contre la corruption qui a assainit le milieu des affaires et le peuple qui ne cesse de le soutenir et c’est dans ce climat et cet esprit de communion souhaité et voulu par le président que le Cameroun de plus en plus attire d’innombrables investisseurs et ce n’est que la récolte des fruits semés.

  2. ce n’est pas le fruit de la récolte de la lutte contre la corruption qui entraine ces investisseurs au Cameroun mais les opportunités que offrent notre beau pays sur tous ses plans. la corrupion existe encore elle est encore plus dure

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