Hydro-électricité : le Cameroun en route vers l’émergence

Dans son discours lors du coup d’envoi du barrage de Memve’ele, le 15 juin dernier, le président Paul Biya a longuement insisté sur l’importance de l’accès à l’énergie qui reste pour lui un enjeu majeur pour le Cameroun. Comme il l’a si bien souligné, « sans énergie, il ne peut y avoir de développement véritable, d’industrie, de transformation des matières premières, agricoles ou minérales. Bref, il ne peut y avoir d’économie moderne ». Le Cameroun souffre d’un déficit énergétique assez conséquent qui pénalise l’activité économique et industrielle du pays alors que celui-ci représente le deuxième potentiel hydro-électrique de tout le continent africain. En effet, il existe un écart d’au moins 400 mégawatts entre la production nationale d’électricité et la demande.

C’est pourquoi soucieux de doter son pays d’une fourniture d’énergie à la hauteur de ses besoins, le président Biya avait chargé son gouvernement d’engager des actions concrètes pour remédier à cette situation. D’où le développement de certains barrages hydro-électriques et la construction de centrales thermiques. Ainsi, le 31 décembre dernier dans son message à la nation, le chef de l’État camerounais annonçait le début de la construction du barrage de Memve’ele qui va, selon lui, « permettre dans quelques années d’approvisionner le futur complexe industriel et portuaire de Kribi, la région du Sud et peut-être des pays voisins, sans compter les retombées en matière d’emploi et d’infrastructure de communication et le développement de l’économie locale ».

Ce barrage de Memve’ele, implanté sur le fleuve Ntem dans la région sud du pays, présente une puissance installée de 201 mégawatts qui va injecter 1140 GWh dans le réseau inter-connecté du sud. Il devrait apporter dès 2017 un surcroît d’énergie pour résorber le déficit actuel et alimenter certains pays voisins comme le Gabon et la Guinée équatoriale. Avec ce barrage hydro-électrique, c’est « la politique des Grandes Réalisations qui se met progressivement en mouvement » avec dans quelques mois le lancement des travaux des centrales de Lom Pagar et de Mekin, comme l’a souligné le président Biya dans son discours.

Le projet de Lom Pangar, l’un des plus emblématiques de cette politique des Grandes Réalisations, prévoit la construction d’un barrage-réservoir d’une capacité utile de stockage de 7 milliards de m3, d’une centrale hydro-électrique de l’ordre de 30 mégawatts au pied du barrage et d’une ligne de transport d’énergie haute tension d’environ 110km pour acheminer l’énergie produite à Bertoua. Localisé dans la région de l’Est, département du Lom et Djerem, ce barrage permettra de créer 1000 emplois directs qui seront destinés à la main-d’œuvre locale et dont le recrutement se fera sur le plan national. Quant à la mini-centrale de Mekin, elle sera construite sur le Dja dans l’arrondissement de Meyomessala avec une puissance de l’ouvrage qui sera de 12 à 15 MW.

« Il s’agit aujourd’hui de l’énergie, demain c’est le secteur minier qui s’animera et puis l’agriculture qui fera sa révolution silencieuse et les autres secteurs suivront. Notre pays sera alors sur la voie de l’émergence », a insisté Paul Biya qui souhaite ainsi conduire le Cameroun vers une économie émergente avec comme stratégie, celle d’atteindre à l’horizon 2020, un objectif de production énergétique de 3000 mégawatts contre 400 aujourd’hui.

 

Une réflexion au sujet de « Hydro-électricité : le Cameroun en route vers l’émergence »

  1. Le discours du président Paul Biya n’est que la confirmation de toute sa politique des grandes réalisations et surtout de la concrétisation des promesses de faire du Cameroun un pays émergent, Comme Moïse au désert avec le peuple d’Israël, il met ainsi à néant l’esprit de doute de certaines mauvaises langues et leur démontre sa détermination et le tracé de la destinée du Cameroun vers le pays où coule le lait et le miel.

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