La nouvelle révolution de Paul Biya : l’efficacité gouvernementale au Cameroun

Au lendemain de sa victoire, le président Paul Biya réélu pour un nouveau mandat, annonçait vouloir lancer immédiatement son programme des « Grandes Réalisations ». « Le Cameroun sera un grand chantier dès janvier 2012 », prévenait-il alors. Suivant les instructions du chef de l’État, le gouvernement a donc entrepris dès le début, de ce nouveau mandat, la réalisation des projets structurants traduits par une série d’actions concrètes et efficaces. Ainsi, cette politique incitative menée par Paul Biya et son gouvernement, se met progressivement en mouvement. Sûrement pas assez aux yeux du chef de l’État camerounais qui souhaiterait arriver à bout des projets ainsi lancés dans le cadre des « Grandes Réalisations », avant la fin de son mandat. C’est pourquoi, afin d’accélérer le mouvement déjà en marche, le président Biya a décidé d’évaluer ses ministres avec l’instauration des feuilles de route ministérielles.

Les 36 ministres du gouvernement camerounais seront donc jugés, selon le premier ministre Philemon Yang, sur leurs résultats techniques plutôt que sur leurs activités politiques et cela en se basant sur quatre principaux critères qui sont : le niveau d’exécution des projets annoncés; les rapports entre les promesses faites par les ministres dans leurs feuilles de route et les attentes socio-économiques et enfin la cohérence et la précision des objectifs énoncés et l’analyse des retards des exécutions des différents plans. Lors de l’évaluation qui aura lieu en août prochain, chacun d’entre eux procédera à une auto-évaluation de sa feuille de route telle qu’il l’a rédigée et des documents écrits qu’il doit produire d’ici la fin du mois de juillet en guise de bilan de mi-parcours. Le rapport issu de cette pré-évaluation sera ensuite transmis aux services du premier ministre pour une vérification préliminaire avant de le soumettre au président Biya.

Avec la mise en place de ces feuilles de route ministérielles, fini donc le temps de la politique politicienne et du militantisme. Désormais, le chef de l’État souhaite s’entourer de ministres efficaces qui seront donc évalués en fonction de leur travail. Ils devront ainsi rendre des comptes sur les promesses faites et les projets annoncés en justifiant le niveau de réalisation de ceux-ci et les raisons des retards constatés dans l’exécution des feuilles de route, si c’est le cas. C’est donc une véritable révolution que vient de lancer le président Biya avec ce système d’évaluation des ministres.

Et il semblerait que le Cameroun ne soit pas un cas isolé dans cette nouvelle approche axée sur le résultat. En effet, au Tchad, le président Idriss Deby Itno exige et impose également à ses ministres plus d’efficacité de leurs actions. « Le président Idriss Déby Itno exige de chaque ministre plus de visibilité dans la gestion et la mise en œuvre de ces projets. Ceux-ci, a-t-il rappelé, doivent profiter en premier lieu aux populations tchadiennes. Il est donc question de mesurer leur impact réel sur le terrain », a indiqué Kordjé Bédoumra, ministre du Plan, de l’Économie et de la Coopération internationale. Le président Deby Itno présidera ainsi tous les 2 mois, un comité de pilotage pour faire le point sur les priorités et les résultats de chaque ministre.

Serait-ce le début d’une tendance qui va s’étendre à l’ensemble du continent? Il est encore trop tôt pour le dire, mais dans un continent qui se démocratise de plus en plus, où les populations demandent des comptes à leurs dirigeants, les exemples camerounais et tchadiens vont certainement faire école.

 

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