Paul Biya au 11e sommet de la CEMAC : Il est temps de passer de la parole aux actes

Le Président camerounais, Paul BIYA, a accordé une interview-bilan à la presse congolaise dans le cadre du 11e sommet de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) qui vient de s’achever à Brazzaville (Congo). Une interview au cours de laquelle il a manifesté une réelle volonté politique de voir l’intégration économique se réaliser au niveau de cette organisation régionale.

« Nous avons insisté sur la nécessité de faire entrer dans les faits un certain nombre de principes. D’abord, cette libre circulation des personnes et des biens. Nous ne pouvons pas faire une intégration économique si les barrières douanières continuent d’exister », a souligné le chef d’État camerounais avant de poursuivre : « Nous avons également précisé un certain nombre de principes qui doivent régir notre organisation, notamment la rotation. C’est un principe qui est important, ça diversifie l’expérience et ça permet à tous les États d’accéder aux postes importants et de faire valoir leur savoir-faire ». La question du non-cumul de postes et de sièges a également, selon Paul Biya, fait l’objet de discussions entre les différents chefs d’État présents à Brazzaville. Une rencontre qu’il a jugé somme toute positive dans la mesure où « elle permet à notre sous-région d’avancer vers la voie de l’intégration et donc d’aller vers des États modernes, intégrés et nous espérons plus prospères ». Mais qu’en est-il des décisions prises lors de ce 11e sommet du CEMAC?
Certaines d’entre elles vont dans le sens de cette volonté politique d’une intégration économique réussie dans la zone CEMAC. Ainsi, l’une des principales décisions de cette Conférence aura été de « rendre effective la libre circulation des personnes par l’émission des passeports biométriques CEMAC » afin de véritablement « créer un espace intégré de la zone CEMAC ». Pour ce qui est de la compagnie aérienne communautaire Air CEMAC, la Conférence a salué à l’unanimité tout en l’encourageant, la conclusion finale des négociations avec Air France en vue d’un partenariat industriel et stratégique. Elle a par ailleurs « réaffirmé le principe de rotation intégrale aux postes de dirigeants des institutions communautaires avec effet immédiat » et le « principe d’un mandat unique non renouvelable », tout comme un « pays qui abrite le siège d’une institution communautaire ne peut prétendre occuper le poste de premier responsable de celle-ci ».
Cependant, c’est bien beau d’affirmer ou réaffirmer ces principes, mais encore faut-il les mettre en pratique ou les traduire dans les faits. L’on peut ainsi citer le cas d’Air CEMAC dont la création a été décidée à Yaoundé en décembre 2001 avec un capital de départ pour son lancement estimé à 80 millions de dollars. Mais plus de dix après, les membres de cette organisation sous-régionale en sont encore à discuter de son envol prochain. Alors qu’en 2002, tout semblait avoir été mis en place pour le démarrage immédiat de ce projet de compagnie aérienne sous-régionale, le lancement des activités a plusieurs fois été reporté durant toutes ces années. De même, le passeport CEMAC visant à favoriser la libre circulation des personnes et des biens n’a toujours pas vu le jour. C’est pourquoi l’on espère fortement que la volonté ainsi affichée par le président Biya de voir l’intégration économique de la CEMAC réussir réellement, est partagée par d’autres chefs d’État africains car le problème de cette institution a toujours été l’absence de volonté politique et d’égoïsmes nationaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

un × 2 =