Cameroun : une gestion responsable des forêts

Dans le cadre du renforcement de la lutte contre l’exploitation illégale de la forêt, les autorités camerounaises ont récemment collecté 230 millions FCFA en amendes. Ce qui n’a pas empêché des observateurs européens de lancer la sonnette d’alarme à l’occasion de la 5ème réunion du comité de pilotage des observateurs indépendants du contrôle forestier et du suivi des infractions mis en place par le gouvernement camerounais et l’Union européenne. Et cela, après avoir sillonné durant des mois les zones forestières du pays. Malgré les efforts fournis par le Cameroun pour éradiquer ce phénomène concernant l’exploitation illégale du bois, ces observateurs estiment qu’il reste encore relativement beaucoup à faire.

En effet, pour conserver leurs ressources forestières et combattre les changements climatiques, les autorités camerounaises ont intensifié au cours de ces deux dernières décennies, la répression contre les exploitants illégaux. Le ministère des forêts et de la faune a ainsi ordonné dernièrement la suspension des licences de 27 sociétés qui n’avaient pas respecté la législation dans le secteur de la forêt. Responsable de l’inquiétante déforestation du pays, cette exploitation illégale du bois rend le Cameroun vulnérable aux effets des changements climatiques en modifiant notamment le calendrier pluvial. D’où cette politique de plus en plus répressive dans ce domaine. Cela d’autant plus que le Cameroun possède une part relativement importante du bassin du Congo, le deuxième écosystème forestier mondial, derrière la forêt amazonienne. Et près de la moitié du territoire camerounais est forestière.
20% des causes des émissions des gaz à effet de serre dans le monde, sont dus, selon des experts environnementaux, à la déforestation. Et plus encore dans les pays en développement. Ainsi selon le Centre mondial de surveillance, entre 1990 et 2005, la région forestière du Cameroun a baissé de plus de 13% avec un taux annuel de déforestation autour de 1%. Un taux jugé extrêmement élevé par ces observateurs et qui, selon eux, démontre les abus qu’il y a eu depuis toutes ces années. Dès lors, on comprend aisément la volonté du gouvernement camerounais d’y mettre fin. Et pour ce faire, il a mis sur pied différents programmes afin de combattre la déforestation illégale.

Ainsi en 1994, avec la promulgation d’une nouvelle législation forestière portant sur le Régime des Forêts, de la Faune et de la Pêche, le Cameroun a décidé de décentraliser la gestion de ses forêts qui était jusque là basée dans l’ensemble, sur des lois introduites en France en 1830, avec le Code Civil. Promouvoir la participation des communautés locales dans la gestion des forêts, aider à faire baisser la pauvreté et contribuer à la gestion durable des ressources forestières sont les trois principaux objectifs de ces réformes qui s’appuient essentiellement sur quatre mécanismes que sont les forêts communales, les forêts communautaires, la redevance forestière annuelle et les zones d’intérêt cynégétique à gestion communautaire.
Par ailleurs, le Cameroun a signé différents accords avec ses voisins et la communauté internationale pour protéger sa forêt. Ainsi, un accord trilatéral a été établi via la Commission des forêts d’Afrique centrale avec le Gabon et le Congo-Brazzaville pour protéger 14, 6 millions d’hectares de forêts dans la région. De même, le gouvernement camerounais a aussi signé des conventions internationales et des accords liés à la protection des ressources forestières. Enfin, le Cameroun s’est engagé, à travers un accord de partenariat, pour le renforcement de la loi sur les forêts, la bonne gouvernance et les échanges avec l’Union européenne, à retirer le bois illégalement extrait des forêts de sa chaîne de production vers les pays de l’Union européenne.
Certes, il reste encore beaucoup à faire pour venir à bout de l’exploitation illégale de la forêt dans le pays mais le travail ainsi déjà accompli par les autorités camerounaises au cours de ces dernières, mérite tout de même d’être salué.

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