Cameroun : l’énergie solaire au centre des préoccupations du président Biya

« Les autorités camerounaises mettront l’accent sur la promotion de l’utilisation des énergies renouvelables » dans le but d’atteindre le statut de pays émergent en 2035, stipulait le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) dont le Cameroun s’est doté en 2010. Des propos fortement appuyés par le chef d’État Paul Biya pour qui, il est important d’envisager l’exploitation de l’énergie solaire à laquelle se prête la majeure partie du territoire camerounais. « Nous économiserons ainsi nos ressources pétrolières, tout en contribuant à la lutte contre le réchauffement de la planète », insistait-il alors.
C’est donc sans surprise que le gouvernement a récemment décidé de débourser 10,3 milliards de FCFA pour financer le projet d’électrification rurale par petites centrales d’énergie solaire de 150 localités du pays. Un projet qui, selon lui, présente un vrai potentiel à capitaliser afin de fournir une énergie fiable et à moindre coût aux Camerounais vivant en zone rurale, soit 60% de la population dont environ 70% vivent sans électricité. Ainsi, les autorités camerounaises sous la direction de Paul Biya sont bien décidées à augmenter le pourcentage de la couverture nationale en électrification rurale qui varie entre 25 et 30%.
De même, le 3 juillet dernier, le ministre de l’Énergie et de l’eau, Basile Atangana Kouna a signé avec l’entreprise Fides Gestion et Electricity development corporation (Edc), un contrat de service pour l’installation d’une centaine de centrales photovoltaïques sur une cinquantaine de sites sur l’ensemble du territoire national à l’horizon 2020. Ce projet qui se traduit concrètement par la réalisation et l’exploitation des centrales photovoltaïques d’une capacité totale de 500 MW avec une production annuelle de 145000 MWh, se réalisera en deux phases. La première phase va débuter d’ici peu, en octobre 2012 et concerne l’installation des centrales photovoltaïques d’une capacité 100 MW dans trois villes (Sangmelima, Maroua et Yingui) tandis que les phases suivantes concerneront des centrales d’une capacité de 400 MW.
Il s’agit en sommes, de remplacer tous les groupes à Hfo (Diesel) par des mini-centrales à travers le pays dans les zones fortement enclavées et installer de nouvelles centrales dans des zones vierges. Mais surtout, le gouvernement camerounais souhaite avant tout diversifier les sources d’énergie en attendant l’aboutissement des grands projets en cours comme les barrages de Lom Pangar, de Mekim et de Mem’vele. « Le chef de l’État a donné des instructions pour qu’en plus des barrages hydroélectriques, nous développions des énergies renouvelables comme le solaire », a ainsi révélé le Directeur général d’Edc à la presse.
Par ailleurs, le 30 mars dernier, était inauguré dans le village de Muyengue Trouble, situé dans la région du Sud-ouest, le premier centre d’électrification à l’énergie solaire du Cameroun qui permet d’éclairer désormais, à partir des panneaux solaires, cette localité de 1000 habitants. L’arrivée de ces panneaux solaires a contribué entre autres, à améliorer considérablement les conditions de vie de la population, notamment celle des enfants qui selon le chef du village, étudient plus longtemps la nuit, et de l’ensemble des habitants qui n’ont plus à parcourir plus 15km pour charger leur téléphone portable par exemple.
Après l’adoption l’année dernière d’un contexte législatif favorable aux énergies renouvelables, notamment en milieu rural, les projets d’énergies propres continuent donc de se déployer au Cameroun sous l’impulsion du président Biya et de son gouvernement.

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