L’agriculture au cœur des « Grandes réalisations » de Paul Biya

Le 9 octobre dernier se tenait à Montréal dans le cadre des activités du cinquantenaire de la coopération canado-camerounaise, le Forum des investisseurs au Cameroun organisé par Afrique Expansion Inc. Cet événement a permis à une délégation officielle camerounaise de présenter aux Canadiens, le nouveau climat des affaires et les opportunités d’investissements au Cameroun. Dignitaires, représentants des secteurs public et privé du pays ont ainsi pu échanger, réseauter et créer des liens qui déboucheront sur une plus grande collaboration économique entre le Canada et le Cameroun.

Le Forum s’est ouvert avec une table ronde sur les grands projets structurants, sous le thème « Le Cameroun sur la route de l’émergence ». Une table ronde qui s’est largement attardée sur les opportunités d’affaires dans des secteurs comme l’agriculture et l’agroalimentaire, si chers au président Biya. En effet, comme il aime à le répéter, la politique agricole est quelque chose qui lui tient à cœur depuis plusieurs années. Ainsi, soulignait-il lors de son discours de campagne à Maroua à l’occasion de l’élection présidentielle 2011 : « L’agriculture est la véritable richesse de notre pays. Je nourris l’ambition de transformer notre pays en un véritable grenier pour l’Afrique Centrale ».

Et pour cause, le Cameroun dispose de nombreux atouts dans ce domaine, à commencer par une forte diversité climatique qui permet une grande richesse de cultures. De même, le pays possède un riche potentiel hydrographique, l’un des plus importants d’Afrique et un énorme potentiel de terre arable avec 7,2 millions d’hectares dont 1,8 million seulement sont cultivés. Tout cela représente un potentiel de création d’emplois impressionnant. L’agriculture camerounaise emploie ainsi près de 45 000 travailleurs. Et avec les nouvelles mesures et incitations mises en place et envisagées dans le cadre des « Grandes réalisations », le pays devrait être capable d’atteindre 165 000 emplois en 2014 et 200 000 en 2016.

L’agriculture mais aussi l’élevage et la pêche occupent donc une place essentielle dans l’économie camerounaise même si, comme le déplorait Paul Biya, « la capacité de production reste fortement sous-exploitée ». Résultat : certaines productions sont insuffisantes, obligeant ainsi le pays à importer de grandes quantités de produits qui pourraient pourtant être produits localement. Un paradoxe qui entraîne un déséquilibre au niveau du commerce extérieur. Et pour remédier à ces faiblesses, le président Biya a entrepris de mettre sur pied avec sa politique des « Grandes réalisations » un certain nombre de mesures pour encourager et développer l’agriculture camerounaise afin d’en faire le fer de lance de la croissance du pays.

L’une des mesures consiste à accélérer la modernisation de l’agriculture, notamment par une politique d’exploitation collective des équipements agricoles et à créer des incitations spéciales adaptées à l’agriculture moderne, en révisant entre autres, le code des investissements, en simplifiant les formules d’exportation et en réduisant les impôts à l’exportation des produits agricoles ainsi que les taxes de douane sur les intrants et le matériel agricoles. D’autres mesures concernent la création d’une banque d’appui au secteur agricole, comprenant un département de fonds de garantie et un fonds d’investissement consacré à la promotion des PME engagées dans ce secteur. Le redéploiement de l’industrie chimique en faveur de l’agro-industrie ainsi que le renforcement auprès de la nouvelle génération de l’enseignement agricole adapté aux réalités camerounaises, sont également autant de mesures pour encourager le développement du secteur agricole dans le pays. L’objectif de Paul Biya : assurer l’autosuffisance alimentaire des Camerounais et éviter l’exode rural.

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