Paul Biya au Sommet de la Francophonie : « les Africains doivent avancer dans la voie de l’intégration régionale »

Le Président de la République du Cameroun, Paul Biya, était présent au XIVe Sommet de la Francophonie 2012 où il a livré dans un discours intitulé « L’Afrique dans la francophonie et la gouvernance mondiale », une analyse extrêmement lucide sur la place du continent africain sur la scène internationale. Ainsi, il a souligné qu’en dépit du regard moins pessimiste porté sur l’Afrique aujourd’hui, « là où se prennent les grandes décisions concernant l’avenir de la planète, c’est-à-dire au siège de l’ONU à New York, sa voix reste faible et difficilement audible», avant d’ajouter : « Il en va de même pour les forums internationaux comme le G20 où l’on débat des grandes orientations de l’économie mondiale et où l’Afrique est peu ou pas représentée ».

Il en arrive donc au constat que les problèmes du développement du continent africain sont traités en son absence. Pour résumer, il estime qu’on décide pour les Africains sans même les consulter, ce qui paraît tout à fait invraisemblable et anormal au vu de l’énorme potentiel de l’Afrique et de ses atouts. Après tout, l’Afrique c’est tout de même un milliard d’habitants, soit 16% de la population mondiale, sans parler de sa richesse en termes de ressources naturelles, parmi lesquelles près de 30% des minerais de la planète dont 40% de l’or, 60% du cobalt et 90% du platine; auquel il faut ajouter 10% des réserves mondiales de pétrole et 8% des réserves de gaz. Pourquoi ce continent peine-t-il donc ainsi à trouver la place qui lui revient sur cette fameuse scène internationale? Que doit-il faire pour que sa voix pèse aussi lourd que celle des autres?

« Les Africains devront compter sur leurs propres forces, mieux s’organiser sur le plan continental, avancer dans la voie de l’intégration régionale et sous régionale et développer leur coopération au sein des ensembles auxquels ils appartiennent comme la francophonie », répond le président Biya. Le chef de l’État camerounais rejoint ainsi le point de vue développé par l’ancien président malien Alpha Oumar Konaré qui indiquait lors de sa présentation au Forum Africa en 2009 à Montréal, la nécessité de créer à l’image des États-Unis d’Amérique et de l’Union européenne, les États-Unis d’Afrique, un préalable au développement du continent et à une normalisation de son leadership sur la scène internationale. Pour autant, « il ne s’agit pas d’effacer les États, mais bien d’effectuer plus de transferts de souveraineté à un organe fédéral qui serait exécutif, législatif et judiciaire », soulignait-il.

Quoi qu’il en soit, il est sûr que le poids et l’influence de l’Afrique à la table des négociations internationales ne seront pas les mêmes si l’ensemble des pays africains se présentait comme une entité politique unie disposant de positions communes et de stratégies convergentes.

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