Cameroun : une volonté gouvernementale d’assainir le secteur minier

« Je dois dire, pour n’insulter personne, que la plupart des partenaires que nous avons aujourd’hui, n’ont aucune compétence en matière minière. Il y a beaucoup d’aventuriers (…) Il nous faut une structure qui, de manière objective, trace le sol, publie les offres, évalue les compétences des partenaires, détermine de manière conséquente les avantages à restituer à l’État. Pour que, de même que le pétrole a fait pour la richesse de ce pays, la mine solide constitue aussi une richesse nationale ». Ainsi s’exprimait récemment dans les colonnes du quotidien camerounais Cameroon Tribune, le ministre camerounais des Mines, Emmanuel Bonde. Face au constat de graves défaillances d’un grand nombre d’opérateurs miniers dans le pays, celui-ci propose la création d’une société pour valoriser au mieux les richesses minières nationales au profit de l’État et des collectivités.

Le Cameroun a en effet tout intérêt à assainir ce secteur vu l’énorme potentiel minier qu’il possède. Le pays dispose de gisements miniers d’importance mondiale tels que le rutile, 2e réserve mondiale après la Sierra Léone ou encore la bauxite, 5e réserve mondiale estimée à plus d’un milliard de tonnes de minerais (gisement de Mini-Martap et de Ngaoundal dans la région de l’Adamaoua). De même, il peut également compter sur son gisement de fer de plus de 800 millions de tonnes de MBALAM, dans le sud à la frontière avec le Gabon. Tout cela en plus de substances précieuses comme l’or, en grand nombre dans les provinces de l’Est, de l’Adamaoua, du Nord et du Sud; et matérialisé par une activité artisanale étendue dans le temps depuis 1933 et dans l’espace.

Le pays compte aussi deux zones d’exploitation artisanale de diamants dans la zone de Kété et de Mobilong par Yokadouma, toujours à l’Est. Tout comme le saphir qui, associé à d’autres pierres précieuses, est principalement exploité de manière artisanale également, dans 4 des 5 départements de la province de l’Adamaoua. Entre 2001 et 2003 des transactions estimées à 10 milliards FCFA (soit près de 20 millions de dollars) au moins, ont été réalisées pour le seul chantier de Marma dans l’Arrondissement de Tibati, preuve de son énorme potentiel économique. D’autres concentrations de saphir non exploitées existent dans la région de Mamfé (Mounaya et Nasanarakati).

La proposition du ministre des Mines, Emmanuel Bonde, s’inscrit dans la volonté du chef de l’État Paul Biya d’exploiter davantage les ressources minières du Cameroun dans le but d’atteindre le statut de pays émergent en 2035. Cinq grands projets miniers sont d’ores et déjà en cours avec les cinq permis d’exploitation minière déjà octroyés. Il s’agit du permis d’exploitation alloué à la société américano-camerounaise Geovic pour l’exploitation et la valorisation du nickel, cobalt et manganèse à Nkamouna (Lomié), première réserve mondiale de Cobalt et celui accordé à la société C and K Mining Inc pour l’exploitation du diamant et des substances annexes à Mobilong (Yokadouma). Tandis que trois autres permis d’exploitation ont également été concédés pour l’exploitation du calcaire et du marbre à d’autres sociétés.

Par ailleurs, plusieurs autres entreprises tentent de négocier les conventions minières avec l’État camerounais. C’est le cas par exemple, de Cam Iron, filiale de l’australien Sundance Ressources pour l’exploitation du fer de Mbalam et de Cameroon Alumina Limited qui va exploiter les gisements de bauxite de Mini Martap et Ngaoundal (Adamaoua). Ou encore les projets concernant le fer des Mamelles près de Kribi, le fer de Nkout (Djoum), le rutile d’Akonolinga; le calcaire de Mintom, l’or dans les régions du Sud et de l’Est et enfin l’uranium à Poli et Lolodorf. Ce sont là autant de projets miniers qui seront bientôt exploités sur le territoire camerounais.

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