30 ans du Renouveau au Cameroun : «cap vers l’émergence»

Cette semaine, le Cameroun célébrait sous le thème de « Renouveau : cap sur l’émergence », les 30 ans de Paul Biya à la tête du pays. De nombreuses manifestations et activités étaient ainsi organisées pour l’occasion. Traduites sous forme de meetings populaires, conférences-débats, activités culturelles et sportives, elles ont mobilisé tout le pays, du nord au sud et d’est en ouest. À Yaoundé par exemple, des expositions photographiques, des émissions de radio et de télévision, etc., étaient organisées pour passer au crible ces 30 années de présidence de Paul Biya ; en plus du marathon qui a eu lieu à travers toute la ville le 6 novembre au matin et de la soirée de gala au palais des congrès. Mais au-delà de ces festivités, l’heure est au bilan. Qu’est ce que le président Biya laisse derrière lui comme héritage après de 30 ans de pouvoir ?

La politique est certainement le domaine qui a subi le changement le plus visible. En effet, en 30 ans, le paysage politique camerounais a radicalement changé. Un changement qui, d’abord, se caractérise par la séparation des pouvoirs entre l’Exécutif, le législatif et le judiciaire, le pluralisme politique et la libéralisation. Ainsi, après avoir expérimenté un certain pluralisme au sein du parti unique, le chef de l’État camerounais a instauré en 1990 le pluralisme politique en faisant adopter un ensemble de lois sur la liberté d’association, la liberté d’expression et la communication sociale. Avec la loi sur la liberté d’association notamment, le pays a assisté à un éclatement du paysage politique, à la fin du parti unique et à la création d’une multitude de partis politiques.

De même, le président Biya a souvent intégré des personnalités de l’opposition dans son gouvernement dans le souci d’instaurer une démocratie « apaisée ». Un effort a également été fait pour améliorer le système électoral avec, entre autres, la création d’Elections Cameroon, un organe indépendant chargé de l’organisation des élections et, depuis quelque temps, l’introduction de la biométrie dans l’inscription sur les listes électorales.

Par ailleurs, un accent a été mis sur le respect des droits de l’homme. La justice a ainsi été érigée en pouvoir et un code de procédure pénale qui privilégie la protection des droits de la défense, a été élaboré en plus d’une commission des droits de l’homme et des libertés. Cette dernière a pour tâche de veiller au respect des libertés individuelles et collectives. La loi sur la communication sociale a, quant à elle, permis d’opérer une véritable révolution médiatique avec la création de centaines de journaux, de radios et de télévisions qui sont venus s’ajouter à ceux détenus par l’État. Ces différents médias, en particulier les journaux, brillent aujourd’hui par une liberté de ton sans limite.

Sur le plan économique, passée la difficile période de crise qui a touché le pays au milieu des années 80 et qui a duré plus d’une décennie, le cap est désormais mis sur l’émergence à l’horizon 2035. Un document de stratégie pour la croissance et l’emploi visant à faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035, a ainsi été adopté. De même, le président Biya a lancé un vaste programme économique dit des « grandes réalisations » qui consiste à la réalisation, comme son nom l’indique, de grands projets structurants dans le domaine de la production de l’électricité, de la construction des infrastructures de base, de routes, de ports, des télécommunications et de la promotion d’une agriculture de seconde génération. Des projets qui, combinés avec une meilleure exploitation des ressources du sol et du sous-sol, devraient permettre d’augmenter les ressources du Cameroun et à améliorer la vie des Camerounais.

Paul Biya s’est également engagé, avec son gouvernement, dans une lutte acharnée à travers diverses institutions comme le Fonds national de l’emploi, contre le chômage, notamment chez les jeunes. Ainsi, en 2011, une opération spéciale a permis de recruter 25 000 jeunes dans la fonction publique. En plus de son combat contre le chômage des jeunes, les autorités camerounaises, ont sur le plan social, mis l’accent sur l’éducation, la santé, la promotion de la femme et l’encadrement de la jeunesse.

Bref, comme l’affirme Hervé-Emmanuel Nkom, un éminent membre du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, parti au pouvoir) : « Le Cameroun est en construction et l’histoire retiendra que M. Biya a été le président de la liberté d’expression et du multipartisme. Son bilan est positif, même s’il a par moments été contrarié par l’actualité mondiale.»

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

15 − cinq =