Cameroun : l’Émergence en 2035 n’est pas une supercherie

Au début des années 2000, les autorités camerounaises sous le patronage du chef de l’état, Paul Biya, ont lancé les travaux de formulation de la vision de développement à long terme du Cameroun. Des travaux qui ont abouti en 2009 à la production d’un premier draft de formulation d’une vision volontariste de développement du Cameroun à l’horizon de 2035. Cette vision qui se présente comme une réponse aux défis identifiés suite à ces travaux, est donc une synthèse des études rétrospectives, des aspirations et des besoins des populations. En somme, c’est un abrégé des stratégies globales pour le développement du Cameroun élaborées suivant une démarche participative impliquant les administrations publiques, les opérateurs économiques, la société civile, les partenaires au développement, etc.

Aussi contrairement à ce que l’on peut entendre et lire ici et là, « le Cameroun émergent en 2035 » est loin d’être une supercherie ou un rêve impossible. Cette vision, basée pour l’essentiel, sur les stratégies sectorielles de l’éducation et de l’économie camerounaise s’est fixé des objectifs concrets tout à fait réalisables. Ainsi, suite au constat qu’en 2035, la population camerounaise, vu le taux de croissance démographique actuel, pourrait atteindre 40 millions d’habitants avec une forte proportion de jeunes, l’éducation et la formation des jeunes constituent l’un des principaux enjeux de cette stratégie.

Le pays prévoit donc de renforcer l’éducation et la formation des ressources humaines dans le domaine de la santé, des sciences et des techniques mais également dans la formation des enseignants dans tous les cycles et des ingénieurs (TIC, Génie Civil, pétrochimie, mines, génie des procédés, agronomes, industries animales, etc.). Tout ceci dans le but de relever entre autres, la proportion des élèves dans les filières scientifiques et technologiques dans les niveaux secondaire et supérieur. De 5% actuellement, leur proportion doit passer à 30% à l’horizon de 2035. Par ailleurs, le gouvernement a aussi mis en place, pour éviter des formes marginales de travail comme le travail informel, le système d’apprentissage et d’insertion professionnelle.

Pour ce qui est des investissements directs étrangers (IDE), l’enjeu va consister à faire leur promotion en mobilisant différentes sources de financements, mettant ainsi le système financier au service du développement. Et pour ce faire, le gouvernement prévoit l’élargissement de l’assiette fiscale par une fiscalité modérée, juste et équitable; le développement des banques de proximité et des institutions financières spécialisées pour mobiliser plus efficacement l’épargne nationale; la création d’un cadre adapté au financement du secteur rural et des PME, etc.

De même, l’ambition du Cameroun de devenir un pays émergent nécessite que le pays accélère le rythme actuel de croissance économique en mettant l’accent sur ses atouts immédiats qui sont l’agriculture et l’industrie de l’extraction (bauxite, fer, nickel, cobalt) afin d’améliorer sa productivité. Par exemple, dans le secteur agricole, la formation généralisée des ressources humaines pourrait augmenter la productivité des campagnes et apporter ainsi une réponse durable à la crise alimentaire, profitant par ailleurs de l’augmentation importante de la taille des exploitations agricoles, du développement de la mécanisation, de l’usage de semences à fort rendement et de l’utilisation améliorée des produits phytosanitaires. En somme, le gouvernement souhaite jeter les bases d’une agriculture intensive.

Enfin, la Vision du Cameroun émergent en 2035 ne serait être possible sans le développement des infrastructures. Un effort d’investissement important et continu est donc fourni dans ce sens avec l’entretien, la réhabilitation et la densification des infrastructures de communication, énergétiques et de télécommunications entre autres. Avec les travaux déjà entamés, il est sûr qu’à l’horizon 2035, les agents économiques auront accès à des infrastructures de qualité, cela d’autant plus que ce secteur est l’un des plus grands pourvoyeurs d’emplois.
L’on pourrait vous citer ainsi encore de nombreux exemples prouvant que « le Cameroun émergent en 2035 » n’est pas une utopie encore moins une supercherie gouvernementale.

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