Création d’une banque agricole au Cameroun : Paul Biya passe des paroles aux actes

La Banque agricole et la Banque des PME seront opérationnelles en 2013, vient d’annoncer le gouvernement camerounais. Leur fonctionnement est attendu depuis l’annonce de leur création par le chef de l’État, Paul Biya, lors d’un comice agro-pastoral, il y a près de deux ans. Pays essentiellement agricole, le Cameroun a besoin de telles institutions bancaires pour soutenir la production agricole « non seulement pour renforcer l’autosuffisance alimentaire, mais également pour renforcer la place de grenier d’Afrique centrale que le Cameroun a toujours été », a souligné le ministre des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat, Laurent Serge Etoundi Ngoa. Cela d’autant plus que depuis la dissolution de la Banque agricole du Cameroun (CAC) et du Fonds de garantie des petites entreprises (Fogape), le pays ne dispose plus de structures bancaires spécialement destinées au financement des PME et de l’agriculture.

Seul actionnaire, l’État camerounais aurait donc mobilisé respectivement 10 milliards FCFA pour chacune de ces banques dont le fonctionnement va jouer un rôle clé pour le décollage de l’agriculture camerounaise, un secteur vital pour l’économie du pays. Comme le soulignait le président Biya dans son discours à l’occasion du 3e Congrès ordinaire du RDPC en septembre 2011, « L’agriculture et d’une manière plus générale, tout ce qui touche au monde rural, est un aspect essentiel et vital du développement de notre pays. Elle constitue une mine de richesses énorme pour notre pays, mais son potentiel reste encore largement sous-exploité ». Rien d’étonnant donc qu’il ait décidé d’intégrer au cœur de son projet des Grandes Réalisations, le développement du secteur agro-pastoral, en plus de l’agriculture proprement dite, de l’élevage, de la pêche et de l’artisanat rural.

En effet, la « Politique agricole » est depuis plusieurs années, l’une des priorités de Paul Biya qui a toujours souhaité transformer son pays en « un véritable grenier pour l’Afrique Centrale ». Et le Cameroun peut se le permettre avec les nombreux atouts dont il dispose, à commencer par la forte diversité climatique (qui favorise une grande richesse de cultures); l’énorme potentiel hydrographique (l’un des plus importants d’Afrique) et de terre arable (7, 2 millions d’hectares dont 1,8 million cultivés, soit seulement 26% du potentiel), etc. C’est pourquoi, avec la politique des « Grandes réalisations », le chef de l’État a décidé de passer sans plus attendre à l’action pour permettre à l’agriculture, l’élevage et la pêche d’occuper réellement la place qu’ils méritent dans l’économie camerounaise. Ainsi, dans le cadre de ces « Grandes réalisations », une série de mesures ont été envisagées dont certaines ont commencé à être mises en place pour encourager et développer l’agriculture nationale et en faire le fer de lance de la croissance du pays tout en assurant son autosuffisance alimentaire.

La création de ces deux institutions bancaires d’appui au secteur agricole constitue l’une de ces grandes mesures, en plus de celles consistant à moderniser les équipements afin que ces derniers soient plus adaptés aux besoins techniques des agriculteurs et aux conditions environnementales; à créer des incitations spéciales adaptées à une agriculture moderne comme la réduction d’impôts à l’exportation des produits agricoles, la simplification des formalités d’exportation et la réduction des taxes de douane sur les intrants et le matériel agricoles. Par ailleurs, d’autres mesures permettant, entre autres, de procurer aux jeunes un enseignement agricole adapté à nos réalités ou visant le redéploiement de l’industrie chimique en faveur de notre agro-industrie, viennent compléter cette liste de mesures énumérée par le président Biya dans son discours à Maroua lors de l’élection présidentielle en octobre 2011. « Nos populations rurales, et en particulier celles du septentrion, en seront les premières bénéficiaires, en termes de sécurité alimentaire, d’emplois et de niveau de vie », soulignait-il. En somme, pour le chef de l’État camerounais, la réussite de cette politique agricole ainsi exposée, permettra à ce secteur de devenir le moteur principal de l’économie du pays.

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