Cameroun : la liberté de la presse sous Paul Biya

Du 5 au 7 décembre 2012, aura lieu au palais des Congrès de Yaoundé, les états généraux de la Communication qui réunira « tout ce que le microcosme de la communication compte comme acteurs et intervenants », a indiqué le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary dans un communiqué. Il s’agira à cette occasion « de jeter un regard rétrospectif sur les vingt dernières années de la gestion de ce secteur », a-t-il ajouté.

Ce grand événement placé à la demande du président Paul Biya, sous le thème de « la Communication, instrument de consolidation de la paix, de l’unité et de la solidarité nationales, pour un Cameroun prospère et émergent à l’horizon 2035 » comptera donc parmi ses participants aussi bien des personnalités des pouvoirs publics, des chefs d’entreprises et des professionnels de ce secteur, des organisations de la société civile, des experts invités originaires du Cameroun ou d’ailleurs, des membres de la diaspora camerounaise à travers le monde, etc. Chacun d’entre eux est appelé à « mettre la main à la pâte pour poser des diagnostics sans complaisance et suggérer des solutions pertinentes, pour une refondation durable de l’édifice communicationnel ».

Il s’agira en somme selon M. Tchiroma de « poser un diagnostic participatif du secteur de la communication dans sa globalité, à la lumière des évolutions observées depuis 1994, date de la tenue des derniers états généraux; de définir une vision stratégique à moyen et long termes, pour faire de ce secteur un levier stratégique dans le processus de consolidation de la démocratie; de restructurer la libéralisation du secteur de la communication et le pluralisme qui le caractérise; de poser les bases d’un consensus et une approche de responsabilité et de citoyenneté des médias nationaux; etc. ».

Depuis la première édition des états généraux de la communication qui a eu lieu près de 20 ans auparavant en 1994, le président Biya n’a cessé d’encourager son gouvernement, notamment le ministère de la Communication, à renouveler cette expérience pour faire le point sur l’état de ce secteur et poser un bilan sans complaisance de la situation dans laquelle se trouvait le pays. « Les premiers états généraux de 1994 s’étaient tenus dans le sillage d’une liberté et d’un pluralisme retrouvés au sein du paysage communicationnel national, à la faveur notamment de l’application de la loi relative à la liberté de la communication sociale promulguée par le chef de l’État le 19 décembre 1990 », a rappelé M. Tchiroma. L’abolition de la censure administrative sur les contenus des journaux intervenue le 4 janvier 1996 a contribué à donner un second souffle au dynamisme déjà visible de la presse écrite grâce notamment au vote de cette loi du 19 décembre 1990 qui reste emblématique des changements opérés depuis.

En effet, depuis les années 90, le paysage médiatique camerounais a connu un changement radical qui a donc commencé avec la presse. Ainsi, avec la proclamation de la liberté de la presse et la fin du monopole de l’État sur les médias audiovisuels, on a assisté au cours de ces deux dernières décennies à l’éclosion de centaines de journaux (plus de 600 journaux selon les statistiques du ministère de la Communication) parmi lesquels une vingtaine d’hebdomadaires et quatre quotidiens privés auxquels il faut ajouter la radio et la télévision qui ont également connu une véritable explosion. Il existe ainsi, en plus de la chaîne publique, la Cameroon Radio Television (CRTV), une bonne dizaine de chaînes de télévision à capitaux privés et une cinquantaine de radios privées et une quarantaine de radios communautaires. Cette explosion du paysage audiovisuel camerounais est aujourd’hui complétée par une nouvelle impulsion avec le développement de l’Internet et des communications cybernétiques traduites par la création des médias en ligne.

En plus de son développement quantitatif et qualitatif, la presse camerounaise jouit donc aujourd’hui, d’une rare liberté de ton. Elle est la plateforme sur laquelle se déroule l’essentiel du débat public. On pourrait pour ainsi dire que c’est là que se passe l’essentiel du débat tant sur la politique que sur les questions sociales d’intérêt national. Cette liberté d’expression qui a cours dans le pays depuis les années 1990 permet également au public de participer en toute liberté aux émissions de débats et autres programmes interactifs qui font le bonheur de nombreuses chaines de radio et de télévision.

En définitif, forte de son dynamisme et de son professionnalisme, la presse camerounaise peut donc logiquement prétendre à des lendemains qui chantent.

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