PME au Cameroun : vers la création d’un fonds de garantie des crédits

Le ministre camerounais des Finances, Alamine Ousmane Mey, vient d’annoncer la mise en place, prochainement, d’un Fonds de garantie pour les crédits aux petites et moyennes entreprises (FOGAPME). « Au regard, d’une part, du rôle majeur que devront jouer les PME dans la mise en œuvre efficace du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce), cadre de référence visant à faire du Cameroun un pays émergent en 2035, et d’autre part de leur faible accès aux financements bancaires, le gouvernement s’est engagé à créer le FOGAPME, qui aura pour mission de garantir les crédits accordés aux PME par le secteur bancaire », a-t-il expliqué.

Outre ce Fonds de garantie, l’État camerounais a annoncé, pour l’année 2013, le démarrage des activités de la banque des PME, dont les demandes d’agrément, ont été transférées selon le ministère des finances, à la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) après l’assemblée générale des actionnaires de mai 2011. Selon l’Institut national de la statistique (Ins), les PME qui sont au nombre de 100 000 au Cameroun, constituent 90% des entreprises en activité dans le pays et emploient 70% de population active. Malheureusement, nombreuses sont celles qui fonctionnent encore de manière informelle du fait entre autres d’un manque de financement.

En effet, le manque de financement empêche l’éclosion de millions de PME, pendant que l’insuffisance de ressources financières précipite de milliers d’autres dans la cessation de paiement et la faillite. Les PME camerounaises ont donc beaucoup de difficultés à trouver auprès des différentes institutions financières, les ressources nécessaires pour couvrir leurs dépenses d’investissement et d’exploitation. En 2009 par exemple, seulement 6% des crédits bancaires ont été accordés à des PME.

Les banques camerounaises sont généralement très réservées à financer les investissements de ces entreprises, ce qu’elles justifient en invoquant la nature de leurs propres dépôts qui sont essentiellement des dépôts à vue et ne peuvent donc raisonnablement pas être utilisés pour des financements à moyen et long terme. Les grandes entreprises, contrairement aux autres, offrent des garanties qui leur permettent de contourner ces réticences des banques. Les choses sont donc plus compliquées pour les PME du fait de l’absence des garanties matérielles ou financières de type fonds de garanties. Malheureusement, les chiffres semblent donner raison à l’attitude frileuse des banques. Ainsi, en 2009, 47% des crédits accordés aux PME étaient encore, un an après, soit en situation litigieuse, soit les PME étaient en cessation de paiement. Et ces crédits ont été pour la plupart accordés sur la base de critères qui classent ces entreprises comme rentables et solvables. On comprend dès lors la volonté du gouvernement camerounais de leur créer un fonds de garantie des crédits.

Par ailleurs, en s’attaquant de manière significative et conséquente au problème majeur que rencontrent les PME, à savoir le financement de leurs investissements et/ou de leurs exploitations courantes, les autorités camerounaises sous l’impulsion du président Biya, démontrent ainsi leur souci de lutter activement contre le sous-emploi à travers la création de dizaines de milliers d’emplois formels par an, en s’appuyant sur ces PME. C’est pourquoi elles ont mis ces dernières au cœur de leur stratégie de relance de la croissance et de l’emploi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

13 − 4 =