Les Droits de l’Homme au Cameroun : « portes ouvertes » à Amnesty International

Il y a quelques jours, ,un chercheur et un chargé de campagne d’Amnesty International pour la « zone Afrique centrale », étaient en visite au Cameroun. Une visite entamée à Yaoundé dont l’objet portait sur l’état des droits de l’Homme au pays de Paul Biya. Les deux représentants de l’ONG internationale ont rencontré, lors de ce séjour, les autorités camerounaises dont le vice-Premier ministre, le secrétaire général du ministère des Relations extérieures, l’actuel ministre de la Justice garde des sceaux, le ministre de la Communication et le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense. Preuve que le pouvoir camerounais n’a rien à cacher ni à se reprocher quant à la situation des Droits de l’homme, n’en déplaise à certains.

Ces émissaires ont également voulu rendre visite à Michel Thierry Atangana, le Français d’origine camerounaise emprisonné depuis une quinzaine d’années et récemment condamné à une autre peine de 20 ans pour des faits liés à la corruption mais il a refusé de les recevoir. S’agissant précisément de la corruption, l’on constate une différence d’interprétation entre Amnesty International et les autorités camerounaises. Pour les membres de l’ONG, Michel Thierry Atangana est un prisonnier d’opinion accusé de détournements de deniers publics pour faire diversion. Ce qui, à leur yeux, est une violation flagrante des droits de l’Homme. Dans les faits, la réalité est tout autre, affirment les autorités camerounaises pour qui Mr Antagana a été accusé et condamné dans une affaire relevant de droit commun. Il a été condamné pour trafic d’influence exercé sur les dirigeants de la Sonara (Société nationale de raffinage) pour obtenir 400 millions de F CFA (près de 800 000 dollars) dans le cadre des travaux d’extension de son usine en 1995.

Quoi qu’il en soit, si le Cameroun était, comme ils semblent le sous-entendre, un pays où les droits de l’homme ne sont pas respectés, pourquoi les autorités les auraient-ils accueillis comme ils l’ont été? Puis, n’est-ce pas Mr Antagana lui-même qui a refusé de les recevoir? Sans être un paradis, le Cameroun est cependant loin d’être l’enfer des droits de l’homme que semble vouloir dépeindre cet organisme. Ainsi, il est à noter qu’il existe, dans le pays, la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (CNDHL), organisme doté d’une grande autonomie et d’une large marge de manœuvre. Créée par décret présidentiel et érigée en Commission en 2006 à l’issue d’une loi votée par l’Assemblée nationale, elle est devenue le gendarme de l’État en la matière. À cet effet, elle mène des enquêtes, reçoit des requêtes des personnes physiques ou morales portant sur les violations des droits de l’homme afin d’y apporter des solutions.

S’agissant de torture en particulier, le code pénal camerounais prévoit « une peine d’emprisonnement à vie pour toute personne qui donne la mort à autrui par la torture ». Les commissariats de police et les brigades gendarmerie sont quelquefois accusés d’être des lieux de traitements inhumains et dégradants. C’est pourquoi, les autorités publiques ont donc pris des mesures administratives draconiennes pour sanctionner les auteurs qui doivent en plus, répondre de leurs actes devant les tribunaux.

Par ailleurs, au sein du ministère de la Justice, une direction des droits de l’homme et de la coopération internationale a été créée avec pour mission principale, entre autres, l’information et la sensibilisation des personnels des services judiciaires et de l’Administration pénitentiaire aux normes de protection des droits de l’homme. Puis, afin d’améliorer le fonctionnement de la justice et de combattre le phénomène de « justice populaire » dans le pays, le Parlement camerounais a adopté un Code de procédure pénale qui a introduit des garanties substantielles de protection des libertés individuelles, de l’intégrité physique et mentale et d’un procès équitable.

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