Le Président Biya en Turquie : à la recherche des investisseurs

La Turquie a connu, au début des années 2000, une des plus graves crises financières de son histoire moderne, poussant le gouvernement à mettre en place d’importantes réformes économiques et à se relancer sur la scène économique internationale. Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Ismail Cem, a alors décidé de « redéfinir l’identité internationale de la Turquie afin de passer du statut d’allié de l’Occident au rôle actif et constructif d’acteur global ». Le gouvernement dirigé par l’AKP (Parti de la justice et du développement) depuis 2002, a donc effectué les premiers ajustements diplomatiques qui très vite, se sont mis au service de l’économie nationale.

Le nouveau premier ministre Recep Tayyip Erdogan va ensuite se servir de la stratégie d’Ismail Cem pour permettre à la Turquie de revendiquer une place parmi les puissants. Son parti n’hésite d’ailleurs pas à parler de « neuf ans et demi de succès » en évoquant la réussite économique du pays depuis son arrivée au pouvoir en 2002. En effet, depuis, le pays, 14e économie mondiale avec une croissance économique avoisinant les 9% en 2010 et 6,6% en 2011, est devenu en quelques années une véritable puissance émergente à l’image des pays du BRICS (Brésil-Russie-Inde-Chine-Afrique du Sud). De 2002 à 2012, son PIB a grimpé de 218% pour atteindre 736 milliards $. Des chiffres qui prouvent le dynamisme économique de ce pays présent aujourd’hui sur tout le globe et toujours à la conquête de nouveaux marchés. Une chose que le Cameroun a bien comprise.

C’est donc conscient de l’importance de faire affaire avec cette nouvelle puissance émergente que le président Paul Biya a entrepris une visite d’État (25-28 mars) dans ce pays. Une visite qui marque une nouvelle étape dans les relations entre le Cameroun et la Turquie et qui a débouché sur la signature d’une dizaine d’accords de coopération entre les deux pays. Des accords qui viennent compléter deux autres accords signés en 2010, suite à la visite officielle du Président Abdullah GÜL au Cameroun. Il s’agit de « l’accord sur l’exemption réciproque des visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques, de passeports de service et de passeports spéciaux » et du « Protocole d’accord sur la coopération technique, scientifique et économique en matière agricole ».

Mais, les relations diplomatiques entre la Turquie et le Cameroun ne datent pas d’hier. Elles remontent en effet, au lendemain de l’accession du Cameroun à l’indépendance, en 1960. Depuis cette date, les contacts entre les deux pays sont réguliers et se caractérisent par des échanges des relations ministérielles, missions de prospection et des exportations à caractère commercial ainsi que par la signature de nombreux accords de coopération économique, technique et commercial, scientifique et culturelle, etc. Par exemple, le Cameroun exporte vers la Turquie, le bois, le pétrole brut et l’aluminium et importe le ciment, le fer, les pneus, les engrais, les équipements de boulangerie, les textiles, les tapis, le cuir, etc.

Par ailleurs, situé dans le Golfe de Guinée, au cœur d’un marché de plus de 250 millions d’habitants, le Cameroun est une terre d’accueil idéale pour des entreprises turques et turco-camerounaises désireuses de s’installer à proximité des débouchés de la sous-région. Le volume des échanges commerciaux entre les deux pays s’élève aujourd’hui à 75 milliards de FCFA. La Turquie exporte vers le Cameroun, selon l’ambassade de Turquie au Cameroun, divers produits pour une valeur totale de 55 milliards de FCFA, contre 25 milliards de FCFA d’importations. En bref, avec l’arrivée croissante des hommes d’affaires turcs sur le marché camerounais, le volume des échanges bilatéraux entre les deux pays, pourrait atteindre les 500 millions de dollars d’ici 2015.

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