Les sénatoriales 2013 au Cameroun : l’hommage des observateurs internationaux

Moins d’une semaine après les premières élections sénatoriales du 14 avril dernier au Cameroun, les 3788 observateurs nationaux et étrangers qui ont quadrillé le pays pour l’occasion, saluent son bon déroulement, en particulier les observateurs internationaux. C’est le cas d’Edem Kodjo, chef de la mission électorale de l’Union africaine, ancien Premier ministre du Togo et ancien secrétaire général de l’OUA qui a dressé un rapport positif de ces élections. « Quand les choses sont bien faites, il faut le dire », a-t-il déclaré aux journalistes lors d’une conférence de presse à Yaoundé, avant d’ajouter que « les choses se sont déroulées dans des conditions tout à fait normales. Il y avait une grande sérénité. Il y avait une sortie d’harmonie nationale ».

De même, un des observateurs de l’ONG Transparency International a estimé que tout s’était bien passé tout en soulignant les efforts fournis par Elecam (Elections Cameroon) pour que ces élections se déroulent dans les meilleures conditions possible. Pour ces observateurs indépendants, il est clair, d’après ces sénatoriales, que la culture démocratique est bel et bien enracinée au Cameroun et cela entre autres, grâce à la politique volontariste du président Biya.

Même Eileen Chamberlain Denahoe, la Représentante des États-Unis au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, reçu plusieurs mois auparavant par Paul Biya à Genève en Suisse, avait à l’occasion affirmé avoir été « profondément impressionnée par les progrès significatifs accomplis au Cameroun » en matière de démocratie, réformes électorales, gouvernance et de lutte contre la corruption. Et pour cause, le Cameroun d’aujourd’hui est très loin de celui d’il y a quelques années, tant le pays a évolué ces deux dernières décennies.

D’abord, il y a eu en 1990, l’éclatement du paysage politique du pays avec la réapparition du multipartisme intégral qui s’est traduit par la naissance de plus de 200 formations politiques. Après avoir connu le multipartisme de la veille des indépendances dans les années 1950, au milieu des années 1960 (1966 exactement), le Cameroun était retourné au système du parti dit unifié censé regrouper toutes les sensibilités politiques dans le but de renforcer l’unité nationale. Mais, depuis 1990 avec le retour du pluralisme politique suite à l’adoption des lois sur la liberté d’association, quatre élections présidentielles ont été organisées dans le pays, en 1992, 1997, 2004 et 2011 et des consultations électorales ont permis à une demi-douzaine de partis de se distinguer. C’est le cas du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) du président Biya majoritaire à l’Assemblée nationale, le Social Democratic Front (SDF) de John Fru Ndi, considéré comme le plus grand parti de l’opposition.

Par ailleurs, face aux contestations concernant les consultations électorales de la part de certains partis politiques, Paul Biya s’est résolu, pour remédier à cette situation, à mettre en place l’Observatoire national des élections (ONEL) qui était chargé d’observer le processus électoral et d’attirer l’attention des autorités administratives sur les dysfonctionnements et les problèmes qui pouvaient se poser. Mais jugeant le travail de l’ONEL insatisfaisant, le chef de l’État a décidé de créer en 2008, Elections Cameroon, une structure autonome chargée d’organiser et de gérer l’ensemble du processus électoral. Celle-ci a été mise à l’épreuve pour la première fois lors de l’élection présidentielle du 9 octobre 2011.

En dépit de quelques insuffisances et dysfonctionnements, les observateurs nationaux et internationaux, s’accordent à reconnaître que cette institution a permis de faire une avancée remarquable dans l’organisation d’élections au Cameroun. Ainsi, Elecam, après avoir décidé de procéder à la refonte des listes électorales plutôt qu’à la révision, a choisi de recourir à la biométrie afin de fiabiliser le fichier électoral. L’utilisation de la biométrie devrait contribuer à éliminer les inscriptions multiples ou fictives, et donc combattre la fraude électorale. Toutes ces avancées font qu’aujourd’hui, des observateurs internationaux comme M. Edem Kodjo ne tarissent pas d’éloges sur le travail d’ÉLECAM et des autorités camerounaises en général.

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