Le Sénat au Cameroun : une percée remarquable pour les femmes

Suite aux dernières élections sénatoriales, 20 femmes font leur entrée au sénat camerounais. Elles occuperont des sièges de titulaires. Trois d’entre elles viennent d’être nommées par un décret du chef de l’État Paul Biya, pour compléter la Chambre dont soixante-dix postes ont été pourvus à l’issue du scrutin du 14 avril dernier. Avant les élections, elles réclamaient au moins 30% des sièges. En effet, More Women in Politics, un réseau féministe favorable à l’implication de la gent féminine dans la vie publique et politique au Cameroun, avait lancé en s’appuyant sur la loi, un plaidoyer en faveur de la juste représentation des femmes au Sénat.

« Si le président Paul Biya nommait 15 femmes sénateurs, sur les 30 membres qu’il désignera pour siéger à la future chambre haute du parlement camerounais qui va être constituée le 14 avril prochain, il serait alors pleinement respectueux de l’esprit de la Constitution camerounaise, laquelle pose femmes et hommes sur un même pied d’égalité », », soulignait Justine Diffo Tchunkam, la coordonnatrice nationale du réseau avant d’ajouter : « ce serait décrocher la lune », reconnaissant ainsi que tout devait se faire pas à pas. Beaucoup se réjouissent donc de cette avancée que représente l’arrivée de ces femmes à la Chambre.

Le président Biya poursuit ainsi sa politique de promotion pour l’égalité entre les sexes au Cameroun. La nomination de ces femmes au Sénat s’inscrit dans le cadre de l’immense travail effectué jusqu’ici par le pouvoir pour soutenir les initiatives des femmes camerounaises et africaines en général, que ce soit en politique ou en affaires. Ainsi, le ministère de l’Économie et le Groupement des femmes d’affaires du Cameroun (GFAC) ont signé en août dernier à Yaoundé, une convention visant la création de 800 entreprises féminines au cours des six prochaines années dont 50 à Yaoundé et à Douala dès la troisième année, 100 dans deux autres régions à partir de la quatrième année et 120 durant la cinquième année. Au total, les autorités camerounaises prévoient de débourser près de 2 milliards de F CFA, soit environ 4 millions de dollars, sur ce projet. C’est dire si le président Biya accorde une importance particulière à l’entreprenariat féminin.

Par ailleurs, le Cameroun est devenu, en janvier dernier, le 36e État membre de l’Union africaine à ratifier le Protocole relatif aux droits des femmes. Ce qui lui a valu d’être félicité par la Coalition du Mouvement de Solidarité pour les droits des femmes africaines (SOAWR), pour avoir ainsi « franchi cette étape importante qui démontre son engagement envers les droits des femmes et l’égalité entre les sexes », selon leur communiqué officiel. Il est donc clair que Paul Biya et son gouvernement sont bien décidés, à faire de la cause féminine une des priorités de leur politique.

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