Cameroun : tolérance zéro pour la piraterie maritime

Le 24 et 25 juin prochain aura lieu à Yaoundé, le Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement sur la sécurité maritime. Un sommet qui va se pencher sur la piraterie dans les zones des pays maritimes et membres de la CEDEAO (Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest) et de la CEEAC (Communauté des États de l’Afrique Centrale). Menacé par la piraterie maritime au large de ses côtes, le Cameroun s’est lancé depuis quelques années dans une lutte acharnée contre cette criminalité grandissante. Et pour cause, au cours des cinq dernières années, le pays a dû faire face à différents incidents de piraterie survenus au large de ses côtes, notamment sur la presqu’île de Bakassi.

Ces pirates lourdement armés ne se contentent plus de saboter des oléoducs, mais écument la mer en s’attaquant aux bateaux voire aux palais présidentiels comme ce fut le cas en février 2009 à Malabo en Guinée équatoriale. De même, en 2010, un Malaisien et un Indien travaillant pour le compte d’une société agro-industrielle locale avaient été enlevés dans la presqu’île de Bakassi. Peu de temps avant, ce sont six marins d’origine belge, croate et philippine qui avaient été kidnappés après l’attaque de trois bateaux à l’entrée du port de Douala, tout comme deux marins russes et un Ukrainien, qui ont été séquestrés avant d’être libérés par des ravisseurs se réclamant d’un groupe rebelle du delta du Niger.

Ces actes criminels sont liés selon les experts aux enjeux économiques du golfe de Guinée baptisée « zone d’intérêt vital » par les États-Unis. Cette région d’Afrique regorge en effet d’hydrocarbures, de ressources halieutiques et forestières. Le sous-sol de la presqu’île camerounaise de Bakassi rétrocédée en 2008, regrouperait ainsi selon les estimations de la Banque mondiale, les 10% de réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel. Pour les autorités camerounaises, ses voisins, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Nigeria entre autres, doivent jouer un rôle central dans ce combat, du fait que 70% des attaques dans le golfe de Guinée se déroulent dans les eaux territoriales nigérianes, à la frontière avec le Cameroun.

C’est pourquoi Paul Biya et son gouvernement ne cessent de tirer la sonnette d’alarme et d’appeler à l’assistance des partenaires internationaux tout en multipliant les opérations répressives et préventives dans les eaux territoriales du Cameroun. Résultat : un exercice multinational de sécurité maritime en partenariat avec le commandement des forces navales américaines pour l’Afrique (Africom) a eu lieu en 2011 à Douala. Surnommé « Obangame Express 2011 », l’exercice auquel ont participé d’autres pays membres de la CEEAC dont fait partie le Cameroun, visait à renforcer le dispositif de sécurité dans le Golfe de Guinée. Du côté camerounais, en plus des membres du BIR (Bataillon d’Intervention Rapide), unité d’élite spécialisée dans la lutte contre le grand banditisme, un peu plus de 150 hommes ont été mobilisés pour le personnel de soutien local, les équipages et officiers de liaison dans les navires étrangers.

Par ailleurs, au printemps 2012, pour la troisième fois consécutive en l’espace d’un an, des marins espagnols sont venus, durant trois jours, apporter à leurs homologues camerounais et aux personnels du BIR, leur savoir-faire en les formant entre autres, aux nouvelles techniques de sécurité maritime, toujours dans le but d’améliorer la sécurité des côtes camerounaises.

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