Lutte contre la corruption au Cameroun : le président Biya poursuit son combat

Le 3 mai dernier, Paul Biya a signé le décret présidentiel validant la création du corps spécialisé d’officiers de police judiciaire. « Diligenter les enquêtes relatives aux infractions de détournement de biens publics et infractions connexes lorsque le préjudice est d’un montant minimum de 50 millions de FCFA et exécuter les mandats de justice et les commissions rogatoires », telles sont les missions assignées de ce corps qui a une compétence territoriale nationale et placé sous la direction et le contrôle du procureur général auprès du Tribunal criminel spécial, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale. Il comprend entre autres, une division des enquêtes et des services administratifs.

Une fois de plus, le président Biya vient de prouver qu’il n’est pas prêt de laisser tomber son combat acharné contre la corruption qui a toujours été une de ses grandes préoccupations. Il prouve une fois encore qu’il entend mener cette opération de moralisation et d’assainissement de la vie publique jusqu’au bout. En effet, le chef de l’État camerounais n’a jamais cessé d’affirmer sa détermination à combattre ce fléau. Dès le début de son mandat, il s’est engagé, selon ses propres termes, à « la réduire à sa plus simple expression ». Il est ensuite passé de la parole aux actes après une longue période de pédagogie commencée dès 1982 avec le grand dispositif institutionnel mis en place depuis, dans le but de réellement mener à bien ce projet surnommé Opération Épervier.

L’on peut ainsi citer la création en 2001 de l’Agence de Régulation des Marchés publics (ARMP) chargée de la régulation, du suivi et de l’évaluation du système des marchés publics; de l’Agence Nationale d’Investigation financière (ANIF) créée en 2005 avec comme mission de lutter contre le blanchissement des capitaux et le financement du terrorisme ou encore de la Chambre des Comptes qui, depuis 2007, s’occupe de la régulation des comptes de l’Administration publique et de ses démembrements. Il y a également de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC) qui est chargée depuis sa création en 2006, de suivre et d’évaluer l’application effective du plan gouvernemental de lutte contre la corruption.

Il est donc inutile de rappeler que le combat de Paul Biya contre la corruption ne date pas d’aujourd’hui et qu’il n’y a véritablement rien d’étonnant de le voir poursuivre et même intensifier sa lutte contre ce qu’il considère comme un crime, un « facteur de discrimination sociale qui accentue les inégalités et mine la morale publique ». D’où sa volonté de le traiter comme tel en laissant notamment le soin à la justice de jouer son rôle constitutionnel. Avec la création de ce corps spécialisé d’officiers de police judiciaire, le président Biya souhaite aller encore plus loin. Cela, d’autant plus que ce combat engagé au cours de ces dernières années, porte peu à peu ses fruits.

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