Le Cameroun n’a pas le monopole de la corruption!

Récemment, un internaute se demandait à travers un texte largement repris sur la toile; « Pourquoi y- a-t-il trop de corruption au Cameroun ». Le dernier classement 2012 de Transparency international qui nous apprend que les 2/3 des 176 pays étudiés, sont considérés comme corrompus, peut constituer un début de réponse à sa question.

Prenons par exemple le cas de l’Italie. Le Conseil de l’Union européenne (UE) a publié en 2009, via le Groupe d’États contre la Corruption (GRECO), dont l’Italie est membre, un Rapport d’évaluation sur ce pays s’appuyant sur une étude effectuée en 2007 par le Haut commissariat contre la corruption. Dans ce rapport, la corruption est décrite comme un phénomène « largement répandu dans l’administration publique où il est encouragé par des particularités de l’appareil administratif italien, telles que des régimes de recrutement et de promotion qui pâtissent d’un certain manque de clarté et d’efficacité ». Ce rapport du Conseil de l’UE indique par ailleurs que « le paiement de pots-de-vin semble être une pratique courante » avant de conclure que les interlocuteurs de l’équipe d’évaluation du GRECO (issus de la société civile et d’institutions gouvernementales) sont « nombreux à partager le sentiment que la corruption est un phénomène courant et généralisé qui touche la société italienne dans son ensemble ».

De même, toujours en 2009, la Cour des comptes italienne dans son rapport annuel dénonçait également les délits de corruption qui ont augmenté de 229 % contre 153% pour les délits de concussion. Il est donc clair que l’Afrique, et le Cameroun en particulier, n’a pas le monopole de la corruption. Pourquoi dès lors s’en prendre précisément à ce dernier qui fait par ailleurs, d’énormes efforts pour se débarrasser de ce fléau ?

En effet, en dépit du fait qu’en matière de lutte contre la corruption, le Cameroun est déjà bien équipé sur le plan institutionnel avec la création d’organes spécialisés comme la commission nationale anti-corruption (Conac) qui a pour mission de recueillir, de centraliser et d’exploiter les dénonciations et informations dont elle est saisie pour des pratiques, actes et faits de corruption, ou encore l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) et la Chambre des comptes de la Cour suprême, le président Paul Biya continue d’intensifier son combat contre la corruption jusqu’à « la réduire à sa plus simple expression », selon ses propres termes. Il ne ménage donc pas ses efforts pour mener cette opération de moralisation et d’assainissement de la vie publique jusqu’au bout.

Ainsi, le 3 mai dernier, le chef de l’État camerounais a signé un décret présidentiel validant la création du corps spécialisé d’officiers de police judiciaire dont la mission est de « diligenter les enquêtes relatives aux infractions de détournement de biens publics et infractions connexes lorsque le préjudice est d’un montant minimum de 50 millions de FCFA et exécuter les mandats de justice et les commissions rogatoires ». Certes, « la corruption reste et demeure une réalité vivace au Cameroun », comme l’a souligné la Conac dans son deuxième rapport sur l’état de la corruption dans le pays en 2011, mais le Cameroun a également fait des progrès remarquables. Il a par exemple gagné 12 points dans le classement officiel de l’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International. Il est passé du 146e au 134e rang sur un an (2010-2011).

« L’année 2011 restera gravée dans la conscience collective comme l’une de celles au cours desquelles l’actualité dans le domaine de la lutte contre la corruption aura été des plus fournies sous l’impulsion du Président Paul Biya », conclut le rapport de la Conac. L’on peut ainsi citer l’adoption par le gouvernement le 8 février 2011, de la Stratégie Nationale de Lutte Contre la Corruption (SNLCC), la création d’un ministère des Marchés publics, l’intensification de la campagne d’assainissement de la morale publique connue sous le nom « d’Opération Épervier » et la création du Tribunal Criminel Spécial qui a permis l’accélération des procédures. Le combat engagé et les efforts fournis par Paul Biya au cours de ces dernières années, portent donc peu à peu leurs fruits aussi bien à l’extérieur avec le classement de Transparency International qu’à l’intérieur du pays.

Depuis le lancement de l’Opération Épervier, de nombreuses personnalités y compris des dignitaires du régime, d’anciens proches collaborateurs et pontes du pouvoir ont dû répondre de faits de détournements et de mauvaise gestion des biens publics. Ainsi, dans le cadre de cette opération de moralisation et d’assainissement de la vie publique, personne n’est épargné. Ce qui a véritablement contribué à changer les mentalités dans le pays. Du fait de la menace qui pèse sur les gestionnaires indélicats, de nombreux Camerounais semblent en effet aujourd’hui convaincus qu’il vaut mieux vivre pauvre et libre que riche et privé de liberté.

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