Golfe de Guinée : le plaidoyer de Paul Biya en faveur de la mer

Devant les chefs d’États d’Afrique centrale et de l’Ouest invités au sommet de Yaoundé (24- 25 juin) consacré à la lutte contre la piraterie maritime dans le golfe de Guinée, le président Biya a prononcé un plaidoyer pour la mer. « La mer sera vraisemblablement l’eldorado où des générations à venir s’en iront forger et nourrir l’humanité d’une nouvelle intelligence. La mer sera dans un futur proche le nouvel espace de l’industrialisation après l’occupation de la terre. (…) Ce faisant, nous créerons entre les riverains du golfe de Guinée une zone de sécurité et de prospérité. », a-t-il déclaré, satisfait de la mise en place par la CEEAC d’un organe sous-régional de sécurité maritime et, par la CEDEAO, d’une stratégie maritime.

« La piraterie maritime, les vols à main armée, les prises d’otages et les actes illicites perpétrés en haute mer, sur nos côtes ou dans la partie continentale de nos pays, font peser de graves menaces sur notre développement ainsi que sur la paix et la stabilité dans le golfe de Guinée. », a-t-il poursuivi. Et pour cause, le golfe de Guinée est le poumon de l’Afrique avec ses 24 milliards de barils de pétrole de réserves prouvées. Il semblerait que son potentiel de croissance pétrolière soit plus élevé que celui de la Russie, de la mer Caspienne ou de l’Amérique du Sud. Le président ivoirien, Alassane Ouattara, l’a rappelé : près de 70% de la production africaine en pétrole est concentré dans cette zone. Elle est donc l’un des principaux points de départ des flux pétroliers ou gaziers vers l’Europe, les États-Unis et l’Asie. Ainsi, elle fournit près de 40% du pétrole consommé en Europe et 29% aux États-Unis.

Le golfe de Guinée est par conséquent, une région très stratégique économiquement. Mais, du fait de la piraterie maritime, il accuse un manque à gagner annuel de 2 milliards de dollars selon les estimations. La valeur des marchandises volées par les pirates en 2012 se situe entre 34 et 101 millions de dollars selon le Bureau maritime international. Au-delà des pertes pour les entreprises victimes de ces actes illicites, ces sommes alimentent et soutiennent directement la criminalité et le terrorisme. Au cours de ces derniers mois, le Cameroun, l’Angola, le Nigeria, la Guinée équatoriale et le Gabon ont ainsi connu des attaques ciblées ou des menaces d’attaque liées aux ressources pétrolières. Premier producteur de pétrole africain, le Nigeria, voisin du Cameroun, est le plus affecté par ces attaques.

« L’océan n’est pas seulement une voie maritime pour le transit des marchandises, il est un réservoir de ressources minérales, végétales et animales. Les mers et les océans constituent des merveilles pour l’humanité. Depuis la nuit des temps, ils ont permis aux hommes de voyager, d’échanger et de s’enrichir mutuellement. Ils ont permis aux hommes de partager, d’apprendre à se connaître et à fraterniser. », a par ailleurs souligné Paul Biya. Selon des statistiques de l’International Crisis Group, cette zone recèle sur le plan des ressources halieutiques, un potentiel annuel d’un million de tonnes de pêche maritime et 800 000 de pêche continentale.

« Il nous faut donc réagir avec fermeté si nous ne voulons pas voir diminuer le flux migratoire des marchandises dans notre espace maritime, si nous ne voulons pas compromettre notre développement et l’équilibre du monde », a conclu le président camerounais.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

dix-sept − 3 =