Législatives et municipales 2013 au Cameroun : la démocratie en marche !

Le président Biya a signé ce 2 juillet un décret présidentiel qui convoque le corps électoral le 30 septembre prochain afin de procéder à l’élection des députés et des conseillers municipaux, ce qui mettra fin à leurs mandats récemment prorogés. En février dernier, Élections Cameroun (Elecam) engagée depuis le début de l’année dans une opération de révision des listes électorales, avait décidé de procéder à une refonte des listes électorales. Raison pour laquelle le gouvernement avait décidé de proroger une première fois le mandat des députés et celui des conseillers municipaux. Ce qui a également permis à l’Assemblée nationale d’adopter un code électoral unique.

Elecam, une structure autonome chargée d’organiser et de gérer l’ensemble du processus électoral, a été créé en 2008 par Paul Biya en remplacement de l’Observatoire national des élections (ONEL) dont il jugeait le travail insuffisant. L’ONEL chargé d’observer le processus électoral et d’attirer l’attention des autorités administratives sur les dysfonctionnements et les problèmes qui pouvaient se poser, avait été mis en place par le chef de l’État camerounais pour mettre fin aux contestations sur les consultations électorales venant de certains partis politiques.

En dépit de quelques insuffisances et dysfonctionnements, les observateurs y compris internationaux, s’accordent à reconnaître qu’Elecam a permis de faire une avancée remarquable. Pour aller encore plus loin dans cette avancée, cette institution, après avoir décidé de procéder à la refonte des listes électorales plutôt qu’à la révision, a choisi de recourir à la biométrie afin de fiabiliser le fichier électoral. L’utilisation de la biométrie devrait en effet contribuer à éliminer les inscriptions multiples ou fictives, et donc combattre la fraude électorale.

Toutes ces procédures sont la preuve que la culture démocratique est bel et bien enracinée au Cameroun et cela, entre autres, grâce à la politique volontariste du président Biya, n’en déplaise à ses détracteurs qui parlent de « raccourcis anti-démocratiques » ou de « pouvoir discrétionnaire ». En effet, le Cameroun d’aujourd’hui est très loin de celui d’il y a quelques années, tant le pays a évolué ces deux dernières décennies, ne serait-ce qu’avec la réapparition du multipartisme intégral en 1990, qui s’est traduit par la naissance de plus de 200 formations politiques et la fin du système du parti dit unifié censé regrouper toutes les sensibilités politiques dans le but de renforcer l’unité nationale.

Après avoir connu le multipartisme de la veille des indépendances dans les années 1950, au milieu des années 1960 (1966 précisément), le Cameroun était retourné au système du parti dit unifié. Mais, depuis 1990 donc, avec le retour du pluralisme politique suite à l’adoption des lois sur la liberté d’association, quatre élections législatives et municipales ont été organisées dans le pays : en 1992, 1997, 2002 et 2007.

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